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Les bonzes de la santé

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François Legault a lancé un avertissement aux dirigeants du réseau de la santé. Face à une deuxième vague de la pandémie, ils seront tenus imputables. On raconte que le premier ministre en a pas mal sur le cœur depuis les épisodes où ces hauts fonctionnaires semblaient faire la sourde oreille face aux directives que le gouvernement annonçait en pleine télé.

À répétition, François Legault a mal paru comme grand patron et son gouvernement a été accusé d’être déconnecté du terrain. Pourquoi ? Parce que les bonzes de la santé se comportaient comme si leurs CISSS et leurs CIUSSS étaient leur petit royaume.

Danielle McCann y a laissé son poste de ministre de la Santé. Quelqu’un au gouvernement devait prendre la responsabilité politique pour toutes les fois où le gouvernement avait perdu la face.

Pourtant, jusqu’à ce moment-là, madame McCann n’avait pas été mauvaise comme ministre de la Santé. Son renvoi s’est avéré un peu cruel. Mais la politique est cruelle. Et François Legault ne se montre pas énormément patient lorsque les affaires piétinent.

Trahison !

Je ne sais pas si les bureaucrates de la santé réalisent pleinement la conséquence de ce qui s’est passé dans les derniers mois. Après des années à se faire brasser par Gaétan Barrette, ils avaient salué la nomination de Danielle McCann comme le début d’une ère de coopération.

Fini le matamore ! Fini le désagréable sentiment de marcher au son du fouet ! Fini le temps des affrontements ! Madame McCann allait implanter ses orientations dans une atmosphère de coopération. Sa voix plus douce, son ton plus conciliant et son attitude plus ouverte avaient réjoui les administrateurs du réseau.

À la deuxième année de ce régime de positivisme et de bonne entente, une pandémie frappe. Que font alors les bonzes de la santé pour remercier madame McCann ? Ils se foutent d’elle. Ils l’humilient publiquement en faisant le contraire de ses directives. Ils lui fournissent l’information à moitié pour la mettre dans l’embarras.

L’ex-ministre de la Santé a vécu une trahison ni plus ni moins de la part des dirigeants du réseau. Elle était elle-même issue de ce milieu. Elle leur avait promis une ère de collaboration. Et ils l’ont coulée.

Conséquence

En faisant cela, les bonzes de la santé ont prouvé que l’idée de la collaboration était une erreur. Ils ont prouvé hors de tout doute raisonnable que la seule façon d’obtenir des résultats avec eux, c’est la méthode dure. 

D’ailleurs, le nouveau ministre de la Santé, Christian Dubé, a reçu de la part d’un François Legault furieux le mandat clair de leur brasser les puces. Et probablement d’en congédier quelques-uns au besoin. Les futurs ministres de la Santé et les futurs premiers ministres auront pris bonne note des résultats obtenus quand on veut jouer la bonne entente avec les bureaucrates de la santé.

François Legault, qui voulait gérer autrement, allait inévitablement se cogner un jour le nez sur ce qu’on appelle la Machine. À suivre cet automne...