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Les enfants oubliés

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Comme si le ministre de l’Éducation venait soudainement de sortir de sa léthargie, il nous a servi son plan de réussite à quelques jours de la rentrée scolaire.

Il veut se montrer apaisant et donner l’impression qu’il est en contrôle. Malheureusement, le capitaine continue de naviguer à vue sans cap prévisible.

Poudre aux yeux

Il saupoudre 20 millions de dollars dans les milieux, il entonne le refrain de moins de bureaucratie en finançant a priori les élèves en difficulté sans établir de code et il demande au spécialiste de l’éducation Égide Royer de raviver avec un ton monocorde l’enthousiasme des adolescents pour les raccrocher à l’école.

Les chiffres ronflants peuvent endormir les inquiétudes de certains. Les gens plus avisés ne seront toutefois pas rassurés.

Sans cible ni plan structurant, le ministre fait appel aux milieux pour redresser la barre sans même disposer d’un diagnostic conséquent.

  • Écoutez la discussion avec Réjean Parent, chroniqueur blogueur au Journal de Montréal et au Journal de Québec et ex-président de la Centrale des syndicats de l’enseignement (CSQ), à QUB Radio:

Ce sera peu de dollars qui seront consacrés à chaque école pour tenter de rescaper les plus vulnérables.

Quant aux centaines de milliers d’heures qu’une moins grande bureaucratie libérerait, il faudra voir à l’usage, car déjà les mesures d’identification avaient été allégées par les prédécesseurs du ministre sans que les ressources professionnelles soient plus disponibles.

Les apprentissages

En période normale, plus de 20 % des élèves sont en difficulté d’apprentissage ou à risque. Il y a fort à parier que le pourcentage a augmenté ces derniers mois.

Le ministère de l’Éducation n’a cependant rien fait pour mieux documenter la situation et cibler des mesures appropriées.

Les écoles auront surtout besoin de plus d’enseignants et d’orthopédagogues pour rattraper les apprentissages. Déjà en pénurie de personnel avant la pandémie, il est loin d’être sûr qu’elles pourront compléter l’équipage avant de reprendre la mer.

À l’instar des CHSLD, ce sont les enfants les plus vulnérables qui risquent de ne pas se rétablir dans leur parcours scolaire !