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Port de Montréal: bras de fer avec les patrons au sujet de 477 conteneurs de marchandises

Le syndicat veut pouvoir constater de visu qu’il s’agit vraiment de biens essentiels

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Le niveau de tension qui caractérise la grève au port de Montréal depuis bientôt deux semaines a grimpé d’un cran mercredi alors que la partie patronale menace de recourir à des « travailleurs de remplacement » pour déplacer 477 conteneurs jugés importants.

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Des débardeurs en grève, dont certains accompagnés de leurs enfants, sur la ligne de piquetage, mercredi, dans le port de Montréal.
Photo Pierre-Paul Poulin
Des débardeurs en grève, dont certains accompagnés de leurs enfants, sur la ligne de piquetage, mercredi, dans le port de Montréal.

En conférence de presse, l’Association des employeurs maritimes (AEM) a soutenu avoir tenté en vain d’obtenir la collaboration des débardeurs. Une situation qu’elle déplore et la force, dit-elle, à envisager des alternatives.

En soirée, à la faveur de discussions de dernières minutes, l’employeur annonçait la suspension de sa menace pour jeudi. Au même moment, le syndicat annonçait l’annulation du mouvement de mobilisation qu’il planifiait de son côté pour le lendemain. 

Les parties ont convenu de reprendre les discussions. Au moment d’écrire ces lignes par contre, aucune entente n’était intervenue sur le nœud du problème : le déplacement de 477 conteneurs.

Ces 477 conteneurs font partie des quelque 11 500 conteneurs immobilisés sur les quais du port de Montréal depuis le déclenchement de la grève générale des débardeurs il y a 10 jours.

Marchandises « importantes »

Aux dires de Martin Tessier, PDG de l’AEM, ces conteneurs contiennent des marchandises particulièrement « importantes pour la santé et la sécurité de l’économie du Québec ». Essentiellement des produits pharmaceutiques et médicaux, du sucre et des denrées périssables, s’est contenté d’affirmer M. Tessier.

À défaut d’obtenir l’aide des grévistes, l’AEM affirme qu’elle n’aura d’autres choix que de recourir au travail de cadres et « travailleurs de remplacement ». Elle affirme annoncer ainsi ses intentions pour éviter d’en venir aux coups, comme le 31 juillet. 

Oubliez le parfum et le vino

Sans contrat de travail depuis 2018, les débardeurs ont promptement réagi, rappelant que si la loi permettait l’embauche de « scabs » en certaines circonstances, une telle action serait « immorale ».

En début de conflit, les syndiqués avaient accepté le principe du déplacement des produits liés à la COVID. Le représentant syndical Michel Murray jure qu’ils présenteraient la même collaboration pour toute marchandise jugée essentielle, pour raison de santé ou humanitaire. 

Pour ce faire, il demande par contre à ce que l’employeur lui communique le contenu des conteneurs. 

« Si on me dit qu’il y a quatre conteneurs de parfums Coco Chanel, les quatre conteneurs de Coco Chanel vont rester au port. » 

Il en va de même, a-t-il prévenu, des caisses de la Société des alcools du Québec. 

« Le vino de France ou d’Italie, ça ne fait pas partie des services essentiels. » 

Comme d’autres, les centres de distribution des grandes chaînes d’épicerie déplorent que « 20 à 30 » de leurs conteneurs de fruits et légumes demeurent coincés au port. 

Ce sont des centaines de milliers de dollars de nourriture perdue, dit Jean-François Belleau, vice-président du Conseil canadien du commerce de détail. 

« J’invite les syndiqués, dit-il, à bien regarder le contenu de leur boîte à lunch. Et à réfléchir, ce faisant, à ce qui est essentiel ou ne l’est pas. »

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