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En cour pour faire expulser un Bougon de son chalet

Le locataire qu’il a dépanné pendant la pandémie refuse de quitter les lieux

GEN - DEVANTURE DU 361 AVENUE DE L'ÉGLISE
Photo Martin Alarie Mario Chapdelaine, propriétaire de ce chalet situé à Saint-Sauveur, dans les Laurentides, déplore ne plus y avoir accès parce que son locataire refuserait de quitter les lieux. Ce dernier ne devait pourtant y habiter que pendant le confinement.

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SAINT-SAUVEUR | Le propriétaire d’un chalet des Laurentides déplore devoir se tourner vers les tribunaux pour faire expulser un locataire qu’il avait « dépanné de bon cœur » durant la pandémie et qui refuse maintenant de partir.

« Tout est à moi là-dedans et il fait comme s’il était chez lui, dénonce Mario Chapdelaine. C’est inconcevable que ça prenne deux mois pour expulser quelqu’un, alors qu’il n’y a aucun bail. »

Ce dernier pensait faire une bonne action, à la mi-février, en acceptant de loger David Laflamme, qu’une connaissance lui avait adressé.

« Il m’a appelé deux fois alors que j’étais en voyage en Thaïlande. J’ai fini par céder la deuxième [fois], parce qu’on me disait que c’était pour dépanner temporairement. Je regrette aujourd’hui », explique M. Chapdelaine, qui possède aussi quatre immeubles à logements à Montréal.

Lorsqu’il est revenu à la mi-mars, il pensait pouvoir récupérer son chalet de Saint-Sauveur, mais le gouvernement a annoncé les mesures de confinement et de fermeture des régions, en raison de la pandémie de COVID-19.

Jusqu’au déconfinement

« Par conséquent, les parties ont convenu d’une prolongation de l’occupation de l’immeuble, et ce, jusqu’au déconfinement », peut-on lire dans la demande d’injonction pour obtenir l’expulsion du locataire, dont Le Journal a obtenu copie.

Une fois les régions rouvertes et le déconfinement enclenché, Mario Chapdelaine a donc demandé à la mi-juin à son locataire de quitter l’endroit.

« Malgré plusieurs avis verbaux, la partie défenderesse refuse de respecter l’entente et de quitter les lieux, prétendant être soumise aux lois et règlements d’un bail de logement et de la Régie du logement », écrit-on dans la requête judiciaire.

Or, le propriétaire affirme n’avoir jamais signé d’entente écrite avec David Laflamme et avoir toujours refusé de faire des locations à long terme, notamment parce que sa police d’assurance ne couvre que des locations court terme.

Havre de paix

« Il m’arrive parfois de louer à des plaisanciers. Sinon, je profite moi-même de mon chalet pour aller me ressourcer. C’est mon havre de paix, mais là, c’est en train de virer en cauchemar », soutient Mario Chapdelaine.

David Laflamme a décliné notre demande d’entrevue lorsque Le Journal l’a rencontré au chalet de Saint-Sauveur, hier.

Le locataire a indiqué réserver ses arguments pour le juge qui devra trancher ce litige.

- Avec la collaboration de Diane Meilleur


♦ Une audience est prévue aujourd’hui, au palais de justice de Saint-Jérôme pour débattre de l’injonction.