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La course que personne ne suit

Plaire sans déplaire et changer sans renier ses valeurs, les défis sont grands au PCC. Peter MacKay (à gauche) et Erin O'Toole.
Photos d'archives, Agence QMI Plaire sans déplaire et changer sans renier ses valeurs, les défis sont grands au PCC. Peter MacKay (à gauche) et Erin O'Toole.

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Dimanche, le Parti conservateur du Canada (PCC) choisira son nouveau chef. Pour repartir sur le bon pied, il devra régler des enjeux latents, renouveler son offre politique et naviguer entre ses valeurs et les attentes de la population.

Pro-vie ou pro-choix

Le PCC n’a jamais réussi à se détacher de l’étiquette pro-vie, et malgré le fait que les deux principaux candidats de la course se disent pro-choix, l’impression demeure qu’une frange de ce parti pense le contraire.

L’impression est tellement ancrée que la seule façon de rassurer les électeurs serait que les candidats conservateurs s’engagent à ne pas présenter un projet de loi privé au Parlement canadien. 

  • Écoutez la chronique d’Harold Fortin sur ce sujet, à QUB Radio:  

L’environnement

Le programme du PCC en 2019 sur les questions environnementales, bien qu’étoffé, n’a pas réussi à convaincre les électeurs.

Les ténors conservateurs de l’Ouest canadien ont concentré leurs efforts à la lutte, notamment, contre toutes mesures permettant de mettre un prix sur la pollution. Le message reçu au Québec était que tout le PCC était opposé à la lutte contre les changements climatiques.

Il faut plus de solutions et moins de critiques sur ce que proposent les adversaires.

La décentralisation : l’arme ultime 

Le PCC doit éviter la « bataille » est/ouest ou francophones/anglophones. Comme parti national, il doit avoir une vision régionale, et pas unitaire, du Canada.

Le moteur économique du Canada, c’est l’axe Québec-Ontario. Les provinces maritimes ont des besoins spécifiques tout comme les provinces de l’Ouest.

Alors que Stephen Harper prônait la décentralisation des pouvoirs dans son discours, j’ai parfois ressenti le contraire dans son approche face aux provinces. Ce parti devait pourtant être celui qui augmente l’autonomie des provinces plutôt que de les soumettre au pouvoir fédéral.

Le moment est bien choisi pour s’engager à laisser le champ libre aux provinces et maximiser la flexibilité des programmes fédéraux qui leur sont destinés.

L’économie et les finances publiques : le rôle ingrat

On l’a vu au Québec, une économie forte et des finances publiques en ordre ne sont pas garantes d’une victoire électorale. Avec un déficit de 343 G$ pour 2020-2021, selon les prévisions de juillet, le pays a besoin d’un leadership de compassion, mais responsable sur le plan financier.

Quand on ne s’occupe pas des finances publiques, on refile le problème à ceux qui nous suivent, et ça, c’est irresponsable.

Le temps : le faux ami

Avec le discours du Trône du 23 septembre prochain, le premier ministre Trudeau se soumettra à un vote de confiance sur le plan qu’il proposera aux Canadiens.

Une élection hâtive permettra au PCC de rallier ses troupes, mais donnera peu de temps à son chef pour préparer un nouveau programme.

Une élection tardive, à l’inverse, donnera l’occasion au PCC d’augmenter la notoriété de son chef, mais les divisions internes à la suite de la course seront plus apparentes.

Est-ce que le PCC arrivera à vous convaincre ? Ils ont quelques mois pour capter votre attention.