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Même les ados sont visés par des fraudes à la PCU

Les numéros d’assurance sociale de jeunes de 15 ans utilisés par des malfaiteurs

Tommy Larochelle et sa mère, Patricia Harvey, se débattent avec la bureaucratie depuis que des fraudeurs ont utilisé l’identité de l’adolescent de 15 ans pour tenter de toucher la Prestation canadienne d’urgence (PCU).
Simon Clark/Agence QMI Tommy Larochelle et sa mère, Patricia Harvey, se débattent avec la bureaucratie depuis que des fraudeurs ont utilisé l’identité de l’adolescent de 15 ans pour tenter de toucher la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

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Des parents de mineurs québécois vivent un cauchemar administratif depuis que des fraudeurs ont volé l’identité de leurs enfants pour toucher la Prestation canadienne d’urgence au nez et à la barbe du fédéral.

Ils ont 15 ans. Ils n’ont jamais travaillé ou sinon bien trop peu pour être admissibles à la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Pourtant, des fraudeurs ont utilisé leur numéro d’assurance sociale pour toucher en leur nom la prestation fédérale.

Plusieurs familles ont contacté Le Journal pour témoigner d’un phénomène qui n’a rien d’anecdotique. Le Centre antifraude du Canada a reçu 1333 rapports de fraude d’identité liée à la PCU, entre le 6 mars et le 31 juillet. 

Pour le jeune Tommy Larochelle, tout a commencé fin juin quand il a reçu par la poste un chèque de 887 $ de l’Agence du revenu du Canada (ARC). Il s’agissait d’un remboursement d’impôt pour sa déclaration de revenus de 2019, alors que l’adolescent n’a jamais travaillé.

Sa mère, Patricia Harvey, a donc contacté l’ARC et a constaté qu’un fraudeur avait fait trois appels à l’Agence et tenté de s’inscrire au dépôt direct. Cette tentative ayant échoué, l’ARC a plutôt envoyé un chèque par la poste après avoir reçu une fausse déclaration de revenus au nom de Tommy.

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Fraude cachée

Sans ce fameux paiement, la famille Harvey-Larochelle n’aurait découvert le pot aux roses qu’en 2021 quand Tommy aurait reçu un T4 pour ses prestations de PCU.

Le même scénario est arrivé à une famille de la Beauce, dont l’adolescent de 15 ans a reçu un chèque de 1200 $ en remboursement d’impôt, début juillet, alors qu’il n’a déclaré que 2000 $ de revenus pour 2019.

Depuis, la mère du garçon, qui a requis l’anonymat pour protéger son fils, a perdu des heures et des heures de travail au téléphone pour tenter de régler le problème.

Les deux femmes soupçonnent que le problème prend sa source dans la fuite de données personnelles chez Desjardins. Leurs enfants ont tous deux un compte à la caisse et ont été victimes de la fuite historique, en 2019. 

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Dur de convaincre Ottawa

Les fraudeurs ayant acquis ces données confidentielles s’en servent maintenant pour toucher la PCU et peut-être d’autres prestations fédérales, craint la mère de famille de la Beauce.

Celle-ci tente depuis des semaines de convaincre Services Canada que son fils est victime d’une fraude. Mais le bureau fédéral lui réclame une preuve écrite de l’ARC, ce qui ne lui a pas été fourni à ce jour.

« C’est la maison qui rend fou », souffle-t-elle. En attendant, « le temps passe, le fraudeur utilise peut-être encore ces informations et on ne peut rien faire », déplore-t-elle.

– Avec Jules Richer, Bureau d’enquête


 12 000: Nombre d’indices de fraudes traités par Ottawa en date du 24 juillet pour trois programmes d’aide d’Ottawa concernant la pandémie.