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Valérie Plante, bédéiste?

ART-BD-MAIRESSE-PLANTE
Photo courtoisie

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Quand j’ai entendu dire que Valérie Plante, mairesse de Montréal, sortait une bande dessinée, j’ai cru que c’était une blague.

Voyons donc! Comme si la mairesse avait le temps, en gérant la métropole, de dessiner des petits bonhommes et de faire des petits comiques.

Et pourtant, c’est vrai. La mairesse sortira en octobre Simone Simoneau, chronique d’une femme en politique, co-scénarisé avec l’illustratrice Delphie Côté-Lacroix.

Je me demande qui sera le modèle pour la BD de Mme Plante.

Sera-t-elle plus Gaston Lagaffe, aura-t-on droit à Valérie Laricaneuse? Ou est-elle plus du style Lucky Luke, l’homme qui tire plus vite que son ombre (aura-t-on droit à Valérie, la mairesse qui pédale plus vite que son chauffeur?).

Ou encore, est-elle plus tendance Calimero, clamera-t-elle «C’est vraiment trop injuste, tout le monde me critique parce que je suis une femme»?

FLUENTLY BILINGUAL?

J’ai failli m’étouffer quand j’ai lu l’éditeur Tristan Malavoy expliquer la décision de sortir simultanément une version anglaise de la BD.

«Valérie Plante, qui est mairesse d’une ville qui est bilingue, tenait à cette idée que les lecteurs et lectrices anglophones puissent avoir aussi accès au texte aussi.»

Heu, pardon? Depuis quand Montréal est une ville bilingue? Monsieur Malavoy et madame Plante feraient bien de consulter la Charte de la ville de Montréal : «CHAPITRE I CONSTITUTION DE LA MUNICIPALITÉ 1. Est constituée la Ville de Montréal. Montréal est une ville de langue française.»

Sur Facebook, la mairesse a écrit que ça faisait des années qu’elle griffonnait des notes dans un calepin et dessinait des bonshommes allumette et que « ce processus créatif a contribué à sa santé mentale au cours des dernières années ».

J’en suis fort aise. Mais, nous, les Montréalais, qu’est-ce qu’on a comme «processus créatif» pour sauver notre santé mentale, nous qui vivons dans une ville qui rend fou?

Essayez de vous y retrouver dans le labyrinthe des travaux, des rues fermées, des autoroutes de vélo, vous allez voir que ça rend dingue!

La prochaine fois que je serai coincée dans le trafic pendant des heures, j’aurai une petite pensée pour la mairesse et je sortirai mon calepin pour dessiner des bonshommes allumette.

Hier, à QUB radio, j’ai interviewé le restaurateur montréalais Vianney Godbout.

Quand je lui parlé de BD de Mme Plante, il m’a lancé : «Moi je n’ai pas eu le temps de faire une bande dessinée, il fallait que je survive à ses agressions». Il a ensuite dénoncé le «terrorisme administratif» de l’administration Plante, les rues fermées, les travaux, les autoroutes de vélo, les amuseurs publics, les tracasseries administratives, etc.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

TOURNER EN ROND

Nouvelle de dernière minute. Au moment d’aller sous presse, j’apprends que les exemplaires de la bande dessinée de la mairesse n’ont pas pu être livrés à temps dans les librairies montréalaises.

En effet, j’ai appris de source sûre que la moitié des livreurs (contraints de transporter des caisses de bouquins à vélo pour respecter les consignes de mobilité de la Ville) s’est perdue dans les rues de la ville. Et l’autre moitié est tombée dans un nid de poule en criant «Maudite ville de fous!».

On se serait cru dans une bande dessinée.

  • ÉCOUTEZ la chronique du jour de Sophie Durocher à QUB radio :