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Guy Lafleur compte «poivrer» ses adversaires avec son gin québécois

Le «Démon blond» a également l’intention de lancer bientôt sa propre vodka, lui qui propose plusieurs vins

Guy Lafleur
Photo Chantal Poirier Après ses vins, Guy Lafleur se lance dans le gin et se prépare à prendre d’assaut le marché de la vodka au cours des prochains mois.

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La légende vivante du CH Guy Lafleur s’apprête à lancer son Gin no 10 pour « poivrer » ses adversaires, comme il aimait dire en chambre à l’époque avant un match important.

« En séries éliminatoires, on disait : “On va les poivrer, les Flyers ou les Bruins”. C’est une expression que j’utilisais à l’occasion. Ça adonne bien avec le gin », a laissé tomber en riant le « Démon blond » en entrevue au Journal, hier, au Verger Hemmingford, qui le produit en Montérégie.

C’est l’an dernier que Guy Lafleur a eu le goût d’avoir son gin.

« Ça a débuté l’an passé avec l’Association des joueurs, qui a signé une entente avec J.P. Wiser pour le whisky. C’était pour 10 000 bouteilles, dont tous les profits étaient remis à l’organisation », a raconté l’ex-hockeyeur, qui avait concocté le spiritueux avec six anciens joueurs, dont Larry Robinson.

Après cette première expérience, Guy Lafleur a eu envie de lancer ses propres produits. Il s’est alors tourné vers Gilles Chevalier, un ami de longue date, qui a cofondé un vignoble dans le Niagara il y a 14 ans.

« On s’est dit : “Pourquoi on ne sort pas un vin, un gin, un whisky ?” Il m’est revenu deux ou trois semaines après et m’a dit : “On va commencer avec des vins” », a poursuivi l’ex-joueur de hockey. 

100 % québécois

Aujourd’hui, les Vins et Spiritueux Guy Lafleur proposent un vin blanc (Chardonnay), un rouge (Cabernet franc), dans la Séries Signature, et trois rouges dans la Séries Collection (Merlot, Syrah, Grand Vin) 2017.

Pour Guy Lafleur, il était important d’avoir un gin 100 % québécois pour rendre honneur à nos producteurs locaux.

Guy Lafleur
Photo Chantal Poirier

« On n’a rien à envier à personne d’autre dans le monde ou d’autres provinces en ce qui concerne les spiritueux. On a les gens ici capables de faire ces choses-là et de bien les faire pour sortir un produit vraiment de qualité », a-t-il ajouté.

Avant de viser le marché mondial, l’ex-hockeyeur a le Québec et le Canada dans le collimateur. Pas question pour lui de brûler les étapes en se lançant tout de suite à tout vent sur le marché international.

« C’est unique »

« On va aller étape par étape. Je ne dirais pas non si c’est un marché mondial, mais je ne rêve pas en couleurs non plus [Rires]. Pour moi, ce qui est important, c’est de vendre le produit à travers le pays. On a un très grand marché ici », a-t-il insisté.

L’ex-joueur vedette du CH est heureux de voir le marché du gin québécois en pleine ébullition en raison de la grande variété de produits sur le marché. 

« Le gin poivré, c’est unique. Les gens qui l’ont goûté n’en reviennent pas », a conclu Guy Lafleur, le sourire aux lèvres.

Le Gin no 10 de Guy Lafleur devrait être officiellement lancé au cours de l’automne. Certaines succursales de la Société des alcools du Québec ont déjà le produit en stock.

Inspiré par le steak  

François Pouliot, propriétaire du Verger Hemmingford, et Daniel Brongo, maître distillateur, ont concocté une gamme de spiritueux « 100 % québécois » avec Guy Lafleur.
Photo courtoisie
François Pouliot, propriétaire du Verger Hemmingford, et Daniel Brongo, maître distillateur, ont concocté une gamme de spiritueux « 100 % québécois » avec Guy Lafleur.

 Le producteur québécois du Gin no 10 de Guy Lafleur a eu le flash du poivre quand la légende du hockey lui a dit aimer le bon vieux steak au poivre.

« Quand on a rencontré Guy [Lafleur] et qu’on s’est mis à parler, on a tout de suite abandonné les fleurs et on est allé “steak au poivre” », raconte François Pouliot, propriétaire de la cidrerie Verger Hemmingford, qui fabrique le Gin no 10 du « Démon blond ». 

Comme tout gin, le précieux nectar aromatisé aux baies de genévrier se devait d’avoir une touche spéciale. Mais pas question de mettre des écorces d’orange ou de la cardamome pour lui donner un goût tapageur.

« On a eu trois rencontres avant de trouver le bon dosage de poivre et de genévrier. On lui a présenté la version finale en février dernier quand il a lancé ses vins et tout le monde a été conquis. Alors on s’est mis à la distillation à grande échelle », a-t-il poursuivi.

« Pas de flafla »

À deux pas de lui, Daniel Brongo, maître distillateur du gin, explique pourquoi le poivre allait de soi. 

« On associe souvent le poivre au piquant, mais au-delà de cela, il y a beaucoup d’arômes », a-t-il ajouté.

Guy Lafleur
Photo Chantal Poirier

Pour l’artiste derrière le Gin no 10, il était important d’élaborer un produit qui respecte la personnalité sympathique de la légende du hockey.

« C’est un gars simple. Pas de flafla. Je me suis inspiré de ça. On peut facilement aller dans le parfum avec le gin, mais on a opté pour le poivre parce que c’est convivial et simple, et qu’on le retrouve dans toutes les cuisines du Québec », a souligné Daniel Brongo.

Alors que le gin n’est pas encore lancé officiellement, François Pouliot et son acolyte travaillent déjà sur une vodka, avec toujours autant de plaisir.

« On a commencé à élaborer une vodka. On a fait déguster une version 1 à Guy Lafleur. On est à 85 %, là. On a une touche spéciale », a partagé l’homme d’affaires.

Un privilège

Pour lui, travailler avec une légende vivante du hockey est un privilège qu’il savoure une gorgée à la fois.

« L’été passé, ce qui m’a frappé, c’est que lorsque tu lui donnes la main, l’avant-bras est comme une enclume. C’est débile. Je me suis imaginé, jeune, à essayer de lui prendre la rondelle, mais oublie ça », a-t-il conclu. 

« J’espère que je vais voir ça de mon vivant »  

Croyez-vous au retour des Nordiques ?

J’espère que je vais voir ça de mon vivant la journée où Québec va ravoir une équipe parce que je trouve que c’est un must dans la ligue qu’une équipe retourne dans la ville de Québec. Par respect pour les amateurs de hockey et aussi pour le côté compétition Montréal-Québec. Il y avait de la rivalité non seulement entre les joueurs, mais entre les partisans, les journalistes. C’était une guerre, mais c’était correct. 

Sentez-vous encore la flamme chez le Canadien ?

C’est une question de fierté et d’appartenance. C’était comme ça dans mon temps. On avait beaucoup de respect pour les joueurs qui ont joué avant nous comme Maurice Richard, Bernard Geoffrion, Jean-Guy Talbot, Jacques Plante, Jean Béliveau. C’était des guerriers. Ce sont eux qui ont fait en sorte que le hockey a été si populaire au Québec, et qu’il l’est encore. La dynastie, c’est eux qui l’ont construite. Nous, on a continué à faire ce que ces gars-là ont fait. C’est aux joueurs d’aujourd’hui de continuer.  

Comment va la santé ?

Ça va super bien. J’ai eu deux grosses opérations. Je suis sorti de l’hôpital et je suis tombé en confinement. C’est comme si je n’étais pas sorti. J’attends de ravoir mes licences d’hélicoptère. J’attends après Transports Canada. Je suis pilote depuis 1995. Mes tests sont passés. J’aimais beaucoup aller à Niagara dans les vignobles en hélicoptère.

Comme l’acteur Harrison Ford ?

(Rires) Oui. J’ai rencontré Harrison Ford à Fort Worth chez Bell Textron parce que chaque année on va suivre des mises à niveau. Ça doit faire une quinzaine d’années. C’est sûr que l’on prend tous un coup de vieux à un moment donné. C’est ton médical qui renouvelle ta licence. C’est ça qui est plate. Pour ma part, c’est tombé pendant la COVID-19. On m’a demandé de passer des tests respiratoires et d’endurance sur le tapis et des échographies pour le cœur.

Comment vivez-vous la pandémie ?

J’espère que l’on va s’en sortir parce que c’est invivable. Surtout pour les gens comme nous, qui arrivons à un certain âge. On nous prive de temps. On nous enlève du temps dans le fond. Du temps pour voyager. Pour faire les choses que l’on aime. J’ai une petite-fille de deux ans. C’est dur pour les grands-parents. Je pense que ça va se régler d’ici un an. En 2021, on devrait commencer à voir la lumière au bout du tunnel. Enfin, je l’espère.

Pensez-vous que le hockey ne sera plus jamais comme avant ?

Je pense que ça va revenir, mais même si on remplit les amphithéâtres, les gens changent. Ils vont toujours se méfier. C’est un peu inquiétant, l’avenir. Surtout avec tous les argents que les gouvernements ont donnés. Les jeunes d’aujourd’hui vont être endettés pour plusieurs années. C’est épeurant. C’est fou.

Vous trouvez que Justin Trudeau a gaspillé de l’argent ?

Dans le contexte actuel, c’est facile de critiquer, mais c’est difficile de faire le contraire. Faut que t’aides ton peuple. Les gens se demandent pourquoi on a donné 2000 $ aux étudiants. Ils ne veulent pas travailler. Il y a un manque de ressources dans différents domaines, mais le monde va toujours chialer, mais l’endettement est là pareil.