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Des urnes biodégradables pour une mort écologique

Le bois de plus en plus populaire se désagrège dans la terre

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Photo courtoisie, Mathieu Guilbeault Gilles Lachapelle et sa femme Suzanne Fortin tiennent dans leurs mains des urnes écologiques fabriquées par l’ébéniste à leur atelier de Bromont, en Montérégie. Le couple en a déjà vendu une centaine.

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Un couple de la Montérégie qui confectionne et commercialise des urnes écologiques en bois est heureux de la popularité grandissante de la mort environnementale.

« Il n’y a aucune matière chimique, pas de vis, pas de clous, pas de vernis industriel. Je travaille le bois. C’est monté, et après, je façonne l’urne, lance fièrement Gilles Lachapelle. Les couverts sont scellés avec des goujons en bois et la finition est recouverte avec de l’huile qui hydrate le bois. »

L’ébéniste fabrique des urnes 100 % écologiques depuis 2016 avec du bois séché au four et qui pourront retourner à la terre parce qu’il n’y a pas de composantes chimiques comme de la colle toxique.

Après un décès, les os broyés du corps (les cendres) sont mis dans un sac de papier qu’ils mettent ensuite dans l’urne. Enterrée, elle se désagrégera ainsi d’ici 10 ans dans la nature, selon l’homme de 60 ans, qui opère son atelier d’ébénisterie à Bromont.   

« La poudre d’os contient du phosphate, c’est bon pour la nature, donc zéro empreinte écologique, ajoute celui qui avait sa propre urne écologique bien avant de commercialiser le concept. Les urnes se biodégradent, tu redonnes à la nature ce que tu lui as pris, indirectement. »

Hausse de la demande  

Même s’ils ont commencé modestement avec 25 urnes vendues lors de la première année de commercialisation, le couple s’attend à en écouler 250 en 2020. Jusqu’à maintenant, 75 ont été vendues. 

« Il y a eu une augmentation significative de la demande depuis le début de la pandémie, affirme Suzanne Fortin, la conjointe de M. Lachapelle, qui agit à titre de représentante. Il ne pouvait pas y avoir d’expositions de corps, alors que beaucoup de personnes âgées sont malheureusement décédées. »  

La dame de 63 ans retraitée de la protection de la jeunesse ajoute que beaucoup d’enfants dans la trentaine ou la quarantaine s’en procurent pour leurs parents.

« La jeune génération veut que ce soit écologique, précise-t-elle. Les corps enterrés, les urnes en acier, les cercueils en marbre, tout cela pollue et ça reste dans la terre. »

Dans la nature

M. Lachapelle précise que la plupart des urnes sur le marché sont en vitre, en métal, en aluminium ou en porcelaine. 

« Une urne en vitre va rester 10 000 ans dans la terre, elle ne se défera pas », affirme-t-il.

Toutes ces raisons ont de quoi intéresser des clients conscientisés.

« Ça m’interpellait tellement que ma belle-mère se retrouve dans la nature et fasse partie de la nature », soutient Valérie Thibault, 39 ans, dont la belle-mère aimait la proposition d’urne écologique. 

« L’offre d’urnes n’a pas changé depuis Mathusalem dans les salons funéraires », déplore Annecy Marois, 47 ans, qui en a acheté une au couple en novembre pour sa mère décédée.