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L’Everest conservateur

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Photo d'archives, Simon Clark, Agence QMI et capture d'écran, TVA Nouvelle Les quatre candidats à la chefferie du Parti conservateur : Peter MacKay, Erin O’Toole, Leslyn Lewis et Derek Sloan.

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C’est un euphémisme de dire que la course à la direction du Parti conservateur a soulevé peu d’intérêt, au Québec en particulier.

Le prochain chef pourrait devenir premier ministre, martèlent les conservateurs. Vrai. Mais avant de prendre leur rêve pour la réalité, une tâche titanesque attend leur prochain chef. 

Cinq ans après son départ, le spectre de Stephen Harper plane toujours.

Vrai rôle pour le Québec

Refaire l’unité du parti, s’approprier ses instances et son organisation sera déjà un immense défi à réaliser, en très peu de temps pour l’heureux élu.

Gouvernement minoritaire oblige, il aura bien peu de temps pour s’imposer et se faire connaître d’ici les prochaines élections. Le problème est d’autant plus criant au Québec.

Or, sans racines québécoises, avec une piètre maîtrise du français, il lui sera urgent de démontrer sa réelle sensibilité envers les valeurs québécoises. 

Il suffit de tirer des leçons de la campagne de 2019.

Si la question de l’avortement a gravement plombé la campagne d’Andrew Scheer en 2019, le problème est plus profond.

Il dépasse aussi l’enjeu de la qualité des candidats, et des promesses nationalistes. 

C’est son rapport au Québec que le parti doit revoir.

Si les conservateurs veulent percer au Québec, leurs organisateurs doivent une fois pour toutes y avoir enfin les coudées franches.

Ce n’est certainement pas en mettant de l’avant des stratégies concoctées pour le Canada anglais qu’ils réussiront à contrer le Bloc québécois !

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Changement de ton 

Surtout, on ne peut qu’espérer que le nouveau chef conservateur comprendra finalement que le 1-800-indignation a ses limites !

Détester les libéraux, ça mobilise la base militante, sans plus.

Les électeurs modérés, ceux que doivent rallier les conservateurs, ne carburent pas à la haine et au mépris. Ce sont là de piètres munitions contre l’idéalisme et l’espoir auxquels carbure Justin Trudeau.

En pleine pandémie, face à une crise économique sans précédent, ce sont des solutions concrètes, constructives, novatrices surtout qu’attendent les électeurs.

À ce chapitre, le nouveau chef aura peu de temps pour développer un programme électoral susceptible de définir un plan de relance économique, rassurer les électeurs quant à leur avenir. 

Les conservateurs devront donc sortir des sentiers battus. 

Or, comment développer une alternative au plan « audacieux » promis par Justin Trudeau, tout en étant fiscalement responsable ? 

Le plus grand défi qui attend le futur chef conservateur sera donc de résister à la tentation de recycler les vieilles idées et les vieilles tactiques de Stephen Harper. 

Se libérer enfin de son père fondateur.