/world/middleeast
Navigation

Tragédie aérienne: l’Iran est prêt à indemniser les proches des passagers morts

Coup d'oeil sur cet article

L’Iran est prêt à entamer des négociations afin de payer un «dédommagement complet» pour les proches des 176 personnes mortes dans un avion d’Ukraine International Airlines qui a été abattu par erreur par l’armée iranienne le 8 janvier dernier à Téhéran. 

Le patron de l’Organisation de l’aviation civile de l’Iran, Touraj Dehqani Zangeneh, a affirmé samedi à l’agence de presse officielle iranienne Irna que son pays compte discuter de cette question en octobre lors d’une rencontre à Téhéran avec ses homologues ukrainiens.

Il y avait 57 Canadiens et 29 personnes ayant le statut de résident permanent au Canada parmi les victimes du vol 752 d’Ukraine International Airlines.

«Ce qui est évident, c’est que l’Iran a accepté sa responsabilité pour son erreur et par conséquent, le pays est prêt pour des négociations pour payer un dédommagement complet pour ce qu’il a fait», a affirmé Touraj Dehqani Zangeneh en entrevue exclusive avec l’agence Irna.

Il a précisé que le versement se fera selon le cadre du droit international et sans aucune discrimination envers un groupe particulier affecté par la tragédie.

Le chef de l’aviation civile iranienne a souligné que le ministre adjoint des Affaires étrangères de son pays, Mohsen Baharvand, a déjà tenu des rencontres avec les autorités ukrainiennes.

Cette tragédie est survenue quelques minutes après le décollage de l’avion d’Ukraine International Airlines de l'Aéroport international de Téhéran. Toutes les personnes se trouvant dans cet appareil ont perdu la vie après que deux missiles de la défense aérienne iranienne eurent touché par erreur l’aéronef.

L’armée iranienne était alors en état d'alerte élevée, car la République islamique avait tiré des missiles sur une base irakienne abritant des soldats américains afin de venger la mort du puissant général iranien Qassem Soleimani, tué dans une frappe de drone américaine à Bagdad le 3 janvier.

Le gouvernement iranien avait d’abord nié avoir été responsable de la catastrophe, avant de se raviser trois jours plus tard.

Les boîtes noires de l’avion ont finalement été analysées à Paris en France par les autorités françaises parce que l’Iran ne possédait pas l’expertise pour le faire. Le Canada avait dû faire pression sur l’Iran pour obtenir les données de ces boîtes noires. Le régime iranien a cependant mentionné que la crise de la COVID-19 a retardé le transfert des enregistrements vers un pays européen pour qu’ils puissent être analysés.

L’Iran a affirmé, dimanche, que le pilote de l’avion était toujours vivant après la frappe du premier missile. L’analyse des boîtes noires n'a toutefois pas révélé pourquoi les autorités iraniennes ont commis cette erreur fatale.

Des membres du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) se sont rendus en Iran ainsi qu’en Ukraine dans le cadre de leur enquête sur cette tragédie.

Le Canada, l'Ukraine, la Suède, l'Afghanistan et le Royaume-Uni sont regroupés au sein du Groupe international de coordination et d'intervention pour les victimes du vol PS752. Ils ont demandé à l’Iran de faire toute la lumière sur cette catastrophe.