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Tramway: à Legault de prendre les rênes

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Le tramway de Québec a de plus en plus l’air d’un ballon dégonflé suscitant davantage de méfiance que d’excitation. Le gouvernement Legault, qui tient mordicus à son tunnel Québec-Lévis, devrait jumeler les bureaux de projet et prendre le leadership afin que les deux se réalisent, pour redéfinir les axes de transport de la Capitale-Nationale des 50 prochaines années.

L’idée, proposée par le conseiller municipal de Démocratie Québec, Jean Rousseau, n’est pas écartée au gouvernement, au contraire. Une source estime que « dans un monde idéal, ce serait même l’objectif ». 

Il faudrait bien, parce qu’en attendant, il devient lassant d’observer la partie de poker tramway/troisième lien entre le maire Régis Labeaume et le gouvernement caquiste.

Labeaume s’est tiré dans le pied en présentant juste avant les consultations du BAPE un projet de tramway dans lequel il avait dû passer la tronçonneuse, pour respecter l’enveloppe budgétaire de 3,3 milliards $.

Non seulement le projet est moins intéressant avec l’abandon du trambus et une desserte plus limitée des banlieues, le maire a aussi refusé de mettre à jour sa projection d’achalandage, qui souffrira forcément de ces changements.

Résultat, le gouvernement Legault, qui ne veut pas approuver un projet d’une telle ampleur à l’aveuglette, a commandé sa propre étude. Il faudra attendre à la fois les résultats de cette enquête, mais aussi la conclusion du BAPE avant que Québec donne le go.

Le projet de transport structurant est ainsi ralenti, et comme le futur tunnel Québec-Lévis doit y être arrimé, il se voit retardé aussi.

Chaque fois que l’on a questionné la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, sur l’avancement du projet de transport structurant, elle s’est contentée de répondre que c’est le projet de la ville.

Plus capable de le vendre

Mais Régis Labeaume l’a échappé. Selon un récent sondage, réalisé en temps de COVID bien sûr, seulement 40 % des gens de Québec souhaitent sa réalisation. Les appuis s’étaient effrités déjà avant la pandémie.

« On lui dit, vas-y parler dans les radios de Québec, mais il ne veut rien savoir. On commence à se demander si on ne va pas devoir le vendre pour lui, le projet », confie une source gouvernementale.

Voilà, c’est exactement cela. Le projet de tramway est financé à 1,8 milliard par le gouvernement du Québec. Il ne peut pas le laisser couler.

Pourquoi pas ?

Si le gouvernement Legault est sérieux dans ses ambitions pour la Capitale-Nationale, qu’il unisse les deux bureaux de projet pour qu’ils travaillent ensemble et plus rapidement.

On dit que Régis Labeaume refuse cette éventualité, parce que « son » projet est plus avancé. Il pense aussi que les citoyens, même à Québec, vont déchanter lorsqu’ils connaîtront les coûts du troisième lien. Il craint que, s’il n’a pas le feu vert, et que le contrat n’est pas accordé, « son » projet devienne l’objet d’une élection référendaire l’an prochain.

Remarquez qu’en 2017, les citoyens de Québec n’ont pas voté non plus pour le tramway ! Il faut que le tunnel et le tramway soient bien arrimés, pour éviter les doublons dans la partie souterraine, et pour qu’ils répondent aux besoins des gens de Québec. 

La CAQ et la Ville ont le devoir d’en faire un succès et doivent trouver une façon de s’entendre. Allez, vous êtes capables !