/misc
Navigation

Rentrée ratée

CANADA-POLITICS/CONSERVATIVES
Photo REUTERS Le lutrin qui attendait son chef hier.

Coup d'oeil sur cet article

Le nouveau chef du Parti conservateur, dont on attendait de connaître l’identité hier soir, n’était toujours pas connu avant d’aller sous presse, à cause d’un cafouillage technique. Il – ou elle – a ainsi raté l’occasion de s’adresser aux Canadiens à une heure de grande écoute, pour une première fois.

Les journaux des grands quotidiens du pays n’auront pas, non plus, son nom en une. C’est ce qu’on appelle une rentrée ratée. 

Déjà que le temps presse pour le successeur d’Andrew Scheer. Des élections sont dans l’air. Le gouvernement Trudeau planche déjà sur son plan de match, ce qui laisse peu de temps aux conservateurs pour imaginer le leur. Voici un aperçu des chantiers qui occuperont le nouveau leader dans les semaines à venir. 

Les 3 défis du chef

RECONNECTER AVEC LE QUÉBEC

Le Québec demeure une énigme pour le Parti conservateur. Le prochain chef a du pain sur la planche s’il souhaite connecter avec les Québécois. Il y a d’abord l’inévitable barrière de la langue. 

Certains candidats, comme les meneurs Peter MacKay et Erin O’Toole, sont plus à l’aise en français aujourd’hui qu’ils ne l’étaient au début de la course. Mais la qualité de leur expression en français est trop faible pour affronter sur le terrain électoral Justin Trudeau et Yves-François Blanchet.

Le parti doit aussi améliorer ses réflexes politiques dans la province, pour éviter la déconfiture de 2019 au Québec.


ARRÊTER DE NE PRÊCHER QU’AUX CONVERTIS

Dans son discours de victoire en 2017, Andrew Scheer avait souligné l’importance d’élargir la tente conservatrice et de réaliser des percées dans des grands centres urbains comme Montréal. 

Ses espoirs sont demeurés vains. Tout est donc à faire pour le nouveau chef. 

Des opportunités sont à saisir. Le parti peut compter sur une base d’électeurs et de militants solide et motivée. 

C’est un bon début. 

Ensuite, tout indique que les libéraux poursuivront leur virage à gauche, ce qui laisse aux conservateurs une porte au centre pour séduire les modérés qui oscillent entre la justice sociale et la responsabilité fiscale.


UNIR LE PARTI

Chaque fin de course à la direction d’un parti politique impose un appel à l’unité, afin de reconstruire les ponts entre clans rivaux et réparer les ego meurtris. 

Un autre défi attend le nouveau leader.  

Pour la première fois de sa relativement courte existence, le Parti conservateur ne sera pas dirigé par un chef provenant de l’ouest du pays. Cela survient au moment où le sentiment d’aliénation dans cette région du pays ne s’essouffle pas. Le parti Wexit Canada souhaite d’ailleurs présenter quelques candidats lors du prochain scrutin fédéral.  

Dans le caucus conservateur, la pression était déjà forte pour que les intérêts de l’ouest soient mieux représentés. 

Le nouveau chef devra se montrer capable de trouver l’équilibre entre la base électorale de l’ouest et les ambitions du parti au Québec et en Ontario.