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Son resto bafoue les règles de la COVID

Plusieurs manquements graves ont été constatés au cours des derniers mois par les autorités

Nicolas Monaco
Photo Pierre-Paul Poulin Nicola Monaco, propriétaire de la Pizzeria Moretti, était au palais de justice de Montréal lundi pour une audience d’urgence devant la Régie des alcools.

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Un restaurant italien de Montréal qui aurait enfreint à répétition les règles sanitaires liées à la COVID-19 a été fermé d’urgence pour au moins 10 jours par la Régie des alcools, des courses et des jeux.

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Les policiers montréalais ont constaté de nombreux manquements aux règlements de santé publique lors de plusieurs soirées entre mai et août à la Pizzeria Moretti, rue Wellington, dans Griffintown.

La Pizzeria Moretti
Photo Ben Pelosse
La Pizzeria Moretti

À la mi-juillet, quelques plaintes du public reçues par les autorités font aussi état d’allégations troublantes contre l’établissement indiquant qu’on ne prenait pas au sérieux des cas d’employés positifs au coronavirus, rapporte l’avis de convocation d’urgence émis par la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).

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Le 22 juillet, une personne aurait notamment appelé au 911 en mentionnant habiter avec un employé du restaurant et que six d’entre eux auraient été déclarés positifs. 

« La direction a caché les premiers cas positifs pendant plus d’une semaine, [...] refuse la période d’isolement de 14 jours à ceux qui ont eu un premier résultat négatif au virus, en raison d’un manque de personnel, et fait pression sur les employés », peut-on lire dans le document. 

Resto négligent

En se rendant sur place, des policiers ont parlé avec un cuisiner qui disait ressentir des symptômes de la COVID-19, que le gérant s’en souciait peu et qu’il ne savait pas si le restaurant avait été désinfecté après le retrait de ses collègues déclarés positifs, précise-t-on. 

Lors de la même visite à la Pizzeria Moretti, les agents ont aussi constaté que de nombreux employés ne portaient pas le masque adéquatement. 

Des manquements semblables ont été observés par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) : le restaurant qui est bondé, la distanciation physique qui est inexistante, des clients qui ne portent pas de masque à leur entrée ou en se déplaçant dans l’établissement, un employé qui serre la main de clients ou embrassait des clientes à leur arrivée.

Comme bouclier humain

Le 18 juillet, le SPVM s’est également rendu à la Pizzeria Moretti pour une bataille impliquant une vingtaine d’individus et des verres brisés. 

« Un homme criminalisé, violent et impliqué dans la bagarre a empoigné et pris une employée comme bouclier humain pour pouvoir fuir », décrit le document de la RACJ. Après une poursuite à pied, l’homme arrêté pour voies de fait a dû être maîtrisé grâce à un pistolet à impulsion électrique (taser). 

Devant tous ces événements, l’établissement a été convoqué d’urgence à une audience devant la Régie des alcools des courses et des jeux (RACJ), qui s’est déroulée lundi.

Une entente temporaire a été conclue entre l’établissement et le contentieux de la RACJ, qui a été entérinée par les deux régisseuses au dossier.

La Pizzeria Moretti sera fermée et son permis d’alcool sera suspendu jusqu’à nouvel ordre, soit lorsqu’un débat sur le fond du dossier aura été fait. Personne n’aura accès à l’endroit, sauf exception. 

La prochaine audience devrait se dérouler dans 10 jours, soit mercredi prochain. Trois jours ont été prévus pour le moment afin de faire entendre les témoins, mais une entente pour une sanction finale pourrait survenir d’ici là. 

Ça va trop loin pour lui

À sa sortie de la salle d’audience, le propriétaire de l’endroit, Nicola Monaco, a estimé que les procédures allaient loin et que plusieurs manquements étaient « en dehors de notre contrôle ». 

« Y’a ben des affaires qui n’étaient pas claires au niveau du ministère de la Santé, pour la réouverture des magasins. Ça changeait au jour le jour. On essaye de prendre des procédures pour être le plus sécuritaire possible », a-t-il affirmé. 

Manquements à répétition      

  • 8, 12 et 17 mai : Rassemblements observés sans distanciation physique.    
  • 11 juillet : Dénonciation contre le restaurant. Les policiers constatent qu’il est à « pleine capacité ».   
  • 18 juillet : Une bagarre éclate, impliquant une vingtaine de personnes.    
  • 21 juillet : Un plaignant assure que le resto ne prend pas au sérieux le verdict positif au coronavirus de trois employés.    
  • 22 juillet : Six employés positifs après que la direction aurait caché les premiers cas.    
  • 24 juillet : Des employés positifs sont « forcés » de travailler selon une autre plainte du public.    
  • 13, 14 et 18 août : La police observe plusieurs manquements. Un employé serre la main de clients et embrasse des clientes alors que des cuisiniers sont sans masque.