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L’épouvantail pro-vie

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Le mouvement pro-vie voudrait beaucoup convaincre les Canadiens que le nouveau chef conservateur leur doit sa victoire.

Après tout, les candidats anti-avortement ont récolté 35 % des voix au premier tour du scrutin. Une part de ces appuis s’est ensuite rangée derrière Erin O’Toole.

  • Écoutez l’analyse politique d’Emmanuelle Latraverse aur QUB radio:

La logique est simple et séduisante. Mais la réalité est plus nuancée.

Un poids relatif

La mobilisation massive de la droite religieuse pendant cette course reflète certainement l’imposante capacité d’organisation de cette frange politique.

De là à y voir la preuve d’un parti inféodé à son aile radicale, il y a un pas à ne pas franchir.

Voyez-vous, le chef conservateur n’est pas élu au scrutin universel, mais plutôt grâce à un système de points, proportionnels au pourcentage d’appuis dans chaque circonscription.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

C’est ainsi que l’appui de 13 conservateurs sociaux dans une circonscription montréalaise qui a 28 membres vaut autant de points que l’appui de 562 d’entre eux dans un comté albertain qui en compte plus de 1800.

L’importance des conservateurs sociaux dans le choix du chef est donc amplifiée dans les circonscriptions qui ont peu de membres. Il ne faudrait pas l’oublier.

Quelle dette ?

Surtout, quelque 20 000 membres de la droite religieuse se sont abstenus de voter une fois leur candidat éliminé. Erin O’Toole n’est donc pas endetté envers eux comme le fut son prédécesseur, Andrew Scheer.

Mais cette aile ne peut pas pour autant être ignorée au sein du parti.

Et c’est la raison pour laquelle un candidat modéré, pro-choix, pro-mariage gai comme Erin O’Toole les a courtisés en leur promettant des votes libres sur toutes les questions de conscience, lire ici l’avortement et les droits LGBTQ.

Finalement, le nouveau chef conservateur leur reconnaît une place légitime dans le parti, sans leur en donner les clés.

Ce sera à lui maintenant d’en convaincre l’électorat. Et ça prendra plus qu’une participation à la prochaine parade gaie.