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Une victoire méritée grâce au Québec

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Photo AFP Erin O’Toole

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Erin O’Toole ne l’a pas volée sa victoire à la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

L’ancien ministre et actuel député ontarien a tiré sur toutes les bonnes ficelles, ciblant un large éventail de la clientèle conservatrice.

Il a courtisé les pro-vie, les libertariens, la droite du parti et les nationalistes québécois, tout en étant lui-même plutôt modéré (il se dit pro-choix et promet de marcher dans les défilés de la Fierté).

  • ÉCOUTEZ Alupa Clarke, président de campagne d'Erin O'Toole au Québec sur QUB radio:

Sa performance aussi impressionnante qu’inattendue au Québec explique en bonne partie ses succès. 

Je dis « inattendue » puisque son principal rival, Peter MacKay, avait obtenu l’appui de 7 des 10 députés québécois. Ce dernier comptait aussi sur son message plus progressiste pour rallier les membres du Québec.

Mais en fin de compte, dans une province qui était à prendre, l’équipe la plus dévouée l’a emporté. 

Le clan O’Toole avait préparé une carte de visite, une plateforme dédiée aux membres québécois, le seul à l’avoir fait.

Cette plateforme parle d’identité, du pacte entre les deux peuples fondateurs, du respect des compétences provinciales et de pouvoirs élargis pour le Québec. 

Le français de M. O’Toole s’est aussi grandement amélioré depuis janvier. C’est un bon début. 

Le talon d’Achille

Mais s’il souhaite réellement réaliser une percée au Québec, M. O’Toole devra se doter d’un plan crédible en environnement.

Or, la plateforme du nouveau chef conservateur est peu ambitieuse. Elle reprend les grandes lignes du plan que les Canadiens ont rejeté lors des dernières élections. 

M. O’Toole propose essentiellement de laisser les provinces pétrolières faire ce qu’elles veulent, sans entraves du fédéral.  

Beaucoup de conservateurs aiment se faire accroire que leur plan environnemental ne souffre que d’un problème de communication. La réalité à cet égard risque encore de les rattraper. 

Autorité

On peut penser que l’ancien pilote d’hélicoptère des Forces armées canadiennes apportera structure et discipline à la tête du Parti conservateur du Canada, si on en croit l’efficacité de sa course à la chefferie. 

Le député québécois Alain Rayes soutient que M. O’Toole saura « mettre son poing sur la table » en tant que leader. Une autorité dont il pourrait se servir pour brider les ambitions des éléments plus radicaux du parti.

M. O’Toole a déjà commencé à prendre ses distances avec l’ancien chef Andrew Scheer, qui a complètement bousillé sa sortie avec un discours rempli d’amertume.

Reste à voir quel rôle le nouveau chef donnera à son prédécesseur. Il s’agira d’un des premiers tests de leadership pour M. O’Toole.

Qui est Erin O’Toole ?    

  • Âgé de 47 ans   
  • Originaire de Montréal, mais il a grandi en Ontario   
  • Père de deux enfants   
  • Ancien militaire et avocat   
  • Député de Durham depuis 2012  
  • Il veut s’assurer que le parti « conserve son âme »     

Son parcours  

  • Il a fini troisième, derrière Andrew Scheer et Maxime Bernier, à la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada en 2017.   
  • Il est plutôt modéré et de centre droit.   
  • Sous Stephen Harper, il a été ministre des Anciens Combattants.   
  • Avant la course, il était porte-parole de l’opposition officielle en matière d’Affaires étrangères.   
  • Il désire notamment créer une commission royale sur la pandémie, rendre le Québec plus autonome dans certains dossiers et criminaliser le blocage des voies ferrées et des ports.    

Recherche : Jérémy Bernier, Le Journal de Québec

Réactions des autres partis fédéraux  

« Pour le NPD, l’arrivée de M. O’Toole ne change pas grand-chose au niveau du Parti conservateur. C’est un parti qui va continuer de tolérer le discours raciste, anti-choix et anti-LGBTQ des conservateurs sociaux. »

– Alexandre Boulerice, député néo-démocrate

« Le Bloc québécois félicite le nouveau chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole. Les positions conservatrices seront ainsi clarifiées et alimenteront des débats utiles afin que les Québécois fassent des choix dans la perspective du temps qu’il reste au gouvernement Trudeau. »

– Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

« M. O’Toole doit sa victoire à l’aile très conservatrice de son parti, à la gang de Stephen Harper qui ne croit pas aux changements climatiques, qui ne veut pas bannir les armes d’assaut de type militaire. Il reste à savoir comment M. O’Toole va les remercier. »

– Pablo Rodriguez, lieutenant du Parti libéral du Canada au Québec