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La passion l’emporte

Claude Julien sera de retour derrière le banc du Canadien la saison prochaine

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Photo AFP

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Claude Julien avoue qu’il a eu la frousse. Toutefois, le malaise cardiaque dont il a été victime n’aura pas raison de sa carrière d’entraîneur-chef.

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Deux semaines après avoir dû céder les rênes de son équipe à Kirk Muller, son associé, Julien a paru en pleine santé, mercredi. Au bout du fil, le ton était solide et la voix claire.

« Je suis prêt à revenir à 100 %. Même que si nous avions gagné le sixième match [contre les Flyers], je serais retourné dans la bulle à Toronto », a indiqué Julien, rendu disponible par téléconférence.

« On m’a posé un stent (extenseur vasculaire). On m’a dit que c’était quelque chose qui se produisait assez régulièrement, a-t-il poursuivi. Je ne suis pas le premier à qui ça arrive et je ne serai pas le dernier. J’ai parlé à certains entraîneurs de la LNH. Il y en a d’autres qui ont des stents et ils sont encore derrière le banc. »

Claude Julien soutient avoir complètement récupéré du malaise cardiaque qu’il a ressenti il y a deux semaines.
Photo d’archives, Martin Chevalier
Claude Julien soutient avoir complètement récupéré du malaise cardiaque qu’il a ressenti il y a deux semaines.

C’est donc dire que l’homme de 60 ans reviendra à son poste lorsque la LNH amorcera sa prochaine saison, que ce soit le 1er décembre ou à une autre date. Bien sûr, avant de prendre sa décision, il a consulté ses médecins.

« La santé et la famille, c’est ce qui vient en premier. Je ne me placerais jamais dans une position dangereuse, je ne voudrais pas risquer ma vie, a-t-il assuré. Oui, il y a beaucoup de stress avec ce travail, mais on m’a assuré qu’il n’y aurait pas plus de danger qu’avant. Les docteurs m’ont dit que je reviendrais à 100 %. »

Pour la santé mentale

Il a discuté de la situation avec sa conjointe, de qui il a assurément dû obtenir l’approbation.

« Il y a beaucoup de monde dans la vie qui font un travail [qu’ils aiment plus ou moins] parce qu’ils n’ont pas le choix. J’ai la chance de faire ce que j’aime. Quand je me lève le matin, je ne vais pas travailler parce que je suis obligé, j’y vais parce que j’ai le goût. Ma famille le voit et elle me soutient », a assuré Julien, père de trois enfants.

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D’ailleurs, l’entraîneur-chef du Canadien soutient que c’est peut-être l’effet inverse qui se produirait si on le forçait à tirer sa révérence.

« Si je devais me retirer, ce serait probablement plus dangereux pour ma santé, a estimé le Franco-Ontarien. Quand on t’empêche de faire ce que tu aimes dans la vie, ça amène des impacts négatifs au niveau psychologique.

« J’ai de l’énergie et j’ai encore des choses à offrir. J’ai encore du plaisir avec les joueurs. J’aimerais pratiquer ce métier encore longtemps », a-t-il continué.

Bonne décision

Julien a raconté avoir commencé à ressentir des brûlements d’estomac au cours de la nuit suivant le premier match entre les Flyers et son équipe. Voyant que les symptômes ne se dissipaient pas, il a contacté Graham Ryndbend, le thérapeute en chef du Canadien. Il a admis avoir hésité lorsqu’on lui a conseillé de se rendre à l’hôpital puisque cela impliquait de quitter la bulle.

« Oui, c’était un pensez-y-bien. J’ai réalisé que je devais faire quelque chose. J’avais également le docteur Mulder au téléphone. On m’encourageait à partir pour l’hôpital. Je suis heureux d’avoir pris cette décision. On ne réalise jamais à quel point ça peut être dangereux. »

Pendant son court séjour à l’hôpital (il n’y est demeuré que quelques heures) et sa période de repos passée à la maison, Julien a reçu une vague d’amour d’une ampleur qu’il avait rarement vue.

« Ça venait de partout. Ça m’a vraiment aidé à bien récupérer. J’ai également compris que même si c’est un travail difficile, les gens t’apprécient. J’ai eu du soutien de tous les entraîneurs et des gens de la ligue. C’était touchant. Je remercie tout le monde de m’avoir aidé. »

Ses joueurs lui ont eux aussi démontré une belle marque d’affection en lessivant les Flyers au compte de 5 à 0 dans le match suivant sa mésaventure.

« Ils voulaient d’abord gagner un match de hockey. Ils voulaient aussi montrer leur soutien. C’était flatteur. C’est dommage qu’on n’ait pas été capable de marquer lors des deux matchs suivants parce qu’on a bien joué. »

Cela a mené à l’élimination du Canadien et, ultimement, repoussé son retour derrière le banc.