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De petits pains et des Rose

Les Rose révèle l’aspect humain derrière les faits historiques.
Courtoisie onf Les Rose révèle l’aspect humain derrière les faits historiques.

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J’ai vu le film Les Rose, de Félix Rose, fils du felquiste Paul Rose. Je ne suis pas sorti indemne de cette projection. Pas tant par ce que j’y ai appris, mais parce que j’y ai réalisé combien les luttes pour la défense du Québec s’isolent souvent les unes des autres.

Aujourd’hui, je ne suis plus à négocier avec ces Communes où la crise d’Octobre ne rime qu’à une action terroriste, avec ce Parlement d’Ottawa où restent encore tant de leviers de développements qui manquent au Québec.

Pensons simplement à l’inaction des libéraux sur le bulldozer des GAFA de ce monde, qui siphonnent les recettes publicitaires de nos médias, érodant ainsi notre souveraineté culturelle. Après huit ans au Parlement à défendre notre culture devant l’inaction de Mélanie Joly et Pablo Rodriguez, je peux dire que la défense du Québec se décline autrement.

Les extrémistes du FLQ

Des révolutionnaires amateurs ont pris les armes, mais perdu le contrôle. Si l’injustice de la mort de Pierre Laporte est indéniable, ce qui a mené à ce drame l’est moins. Le film met en relief les motivations et l’engagement de Paul Rose, ses convictions et sa solidarité envers ses acolytes dans cette prise d’otage, qu’il assumera pleinement.

Parce que oui, un homme, journaliste devenu vice-premier ministre du Québec, père d’un garçon de 11 ans, est mort dans la foulée des événements. Moment tragique où Trudeau père, avec sa loi sur les mesures de guerre, a choisi d’écraser un mouvement impétueux au sein de la famille québécoise, comme seul un intime peut le faire dans sa propre famille.

Les Rose, Les Ordres

On peut douter de l’entière objectivité du film Les Rose, devant une démarche aussi intime que ce récit documentaire d’une époque, de la vision et des actions d’un homme, en grande partie racontées à Félix Rose par son oncle Jacques et ses tantes, puis complétées d’archives et de témoignages pourtant très éloquents...

Parallèle ? L’œuvre de Michel Brault, Les Ordres, qui reconstituait trois ans après la crise les violences policières injustifiées, les centaines de progressistes emprisonnés injustement sous la loi des mesures de guerre... Et tout ça, afin de punir au hasard le « mangeux de hot-dogs », écœuré de ses petits pains et aspirant à une brioche beurrée.

Les Rose révèle l’aspect humain derrière les faits historiques. Ce n’est pas donné à tous de réaliser avec tant de talent un documentaire sur son père, que l’histoire réduit à une dimension. Demandons à Jean Laporte, fils de Pierre, aujourd’hui âgé de 60 ans, quel documentaire il voudrait voir sur son père...

Rappelons qu’à sa sortie de prison, Paul Rose œuvra à la CSN et devint chef du nouveau Parti de la démocratie socialiste. En 2002, il se joint à l’Union des forces progressistes où débutait Amir Khadir. L’UFP s’est unie au mouvement Option citoyenne, dirigé par Françoise David, menant à Québec solidaire.