/finance/business
Navigation

Groupe Mach achète La Cordée Plein air

L’entreprise québécoise était criblée de dettes

Groupe Mach achète La Cordée Plein air
Photo d'archives, Stevens Leblanc

Coup d'oeil sur cet article

Le Groupe Mach met le grappin sur la chaîne La Cordée Plein air, à l’abri des créanciers depuis février, avec l’intention avouée de faire grandir l’entreprise. L’acquéreur confirme d’ailleurs l’ouverture prochaine d’une sixième boutique, celle-là dans le quartier Saint-Roch, à Québec.

Hier, par l’intermédiaire de sa filiale Mach Capital, le géant de l’immobilier a conclu la transaction approuvée par la Cour Supérieure du Québec. 

Le montant de l’acquisition n’a pas encore été rendu public. Le plan de relance devrait être soumis aux créanciers dans les premiers jours de septembre.

Joint par Le Journal, le patron du Groupe Mach, Vincent Chiara, a assuré qu’il allait conserver l’ensemble des cinq magasins du groupe incluant l’enseigne La Vie Sportive, acquise en 2018. Il mentionne que son organisation possède déjà des intérêts dans d’autres détaillants. 

« Notre intention est de prendre de l’expansion et de profiter de notre portefeuille immobilier », avance au bout du fil l’homme d’affaires. 

« La marque La Cordée est appréciée des Québécois. Notre plan est de grossir dans les grandes régions de Montréal et de Québec », poursuit-il. 

Le nouvel acquéreur de La Cordée Plein air, le Groupe Mach, compte ouvrir prochainement une sixième boutique de l’enseigne, dans le quartier Saint-Roch, à Québec.
Photo tirée du site internet de La Cordée
Le nouvel acquéreur de La Cordée Plein air, le Groupe Mach, compte ouvrir prochainement une sixième boutique de l’enseigne, dans le quartier Saint-Roch, à Québec.

En février, La Cordée s’était placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. Les dettes de l’entreprise dépassaient les 22 millions $, dont 10,4 millions $ à la Banque Nationale. C’est le syndic MNP qui est responsable du dossier. 

Des employés soulagés

À sa boutique phare de la rue Sainte-Catherine Est à Montréal, les employés cachaient mal leur soulagement hier soir. 

« C’est une bonne nouvelle, la fin en quelque sorte de six mois de grandes incertitudes, a confié Jérémy. Ne plus avoir de boule au ventre le matin à force de craindre de tomber sur des portes closes en arrivant travailler, va me faire le plus grand bien. »

Une autre collègue, qui a souhaité ne pas être identifiée, n’en pense pas moins. 

« Nous sommes bien sûr heureux que nous soyons achetés. Ça aurait pu être la fin, vous savez ! »

« En même temps, poursuit-elle, tout le monde se demande bien ce que cette entreprise (Mach), qui n’est ni du secteur du plein air ni du commerce de détail, nous réserve vraiment. Il faudra attendre pour le savoir. »

L’ADN demeurera

Jusqu’à présent, l’équipe de direction est demeurée intacte. 

Sa PDG, Emmanuelle Ouimet, a confiance qu’il en demeure ainsi, d’autant que La Cordée entend conserver sa mission d’antan. 

« Nous n’avons vraiment pas l’intention de changer, a-t-elle confié au Journal. L’acquéreur est québécois et notre ADN demeurera le même. Je vous assure ; nos clients n’ont pas à s’inquiéter. »

Cette dernière a préféré ne pas divulguer combien de groupes s’étaient montrés intéressés par l’appel du conseil d’administration pour de nouveaux partenaires. Mais il aurait très bien pu ne pas être d’ici, a-t-elle admis.

La semaine dernière, la direction de la Cordée a remercié 55 employés. Du nombre, 16 œuvraient à son entrepôt, fermé en mars. Au nombre de 400 il y a un an, l’entreprise ne compterait plus que 286 employés.

La Cordée dans Saint-Roch

Discrète quant aux prochaines étapes, la PDG confirme les visées expansionnistes de Groupe Mach, une refonte de son site web, et la mise en place  d’une nouvelle stratégie omnicanale. 

« Nos employés sont extraordinaires et ne demandent qu’à continuer de servir notre magnifique clientèle encore longtemps, comme on le fait depuis soixante ans. »

À court terme, l’ouverture d’une nouvelle boutique à Québec est dans les cartons. M. Chiara, dont l’organisation possède plusieurs propriétés dans Saint-Roch, à Québec, souhaite combler le vide laissé par Mountain Equipment Co-op en 2017. 

« Les gens avaient un attachement à cette boutique. Notre intention est de ramener cette offre dans ce secteur ».