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Peut-être un premier ministre

Peut-être un premier ministre
Photo AFP

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Nous avons vu, lors de l’élection du nouveau chef conservateur, deux façons d’être conservateur et deux discours. Le premier est perdant et le second est gagnant.

Le premier, c’était celui d’Andrew Scheer. Un discours aigri et revanchard, nostalgique d’un passé révolu.

Une allocution critiquant tout ce qui a une étampe progressiste : médias, professeurs d’université, intellectuels...

Un discours qui aurait pu être tenu avec une casquette rouge sur la tête.

Une illustration des raisons pour lesquelles Andrew n’est jamais devenu le « très honorable » PM du Canada aujourd’hui.

Puis, le deuxième discours, c’était celui du nouveau chef, Erin O’Toole.

Plus rassembleur, moins idéologique, dont l’objectif était d’attirer les insatisfaits du gouvernement libéral vers la tente conservatrice.

Il a défendu les angles morts libéraux : rigueur budgétaire, éthique, agriculture et reconnaissance de la nation québécoise.

Possible victoire

En entendant O’Toole pour la première fois comme chef, on sentait déjà que quelque chose avait changé dans l’air canadien.

Voilà un chef qui, contrairement au dernier, n’est pas « de transition », liquidable et gênant pour bien des conservateurs de notre époque.

Un chef capable de s’adresser à la cible déterminante pour la prochaine élection : les milléniaux trentenaires, banlieusards, inquiets de la pandémie et de ses conséquences économiques, pour qui les questions d’avortement appartiennent au passé et les changements climatiques au présent.

La ligne Maginot

Le choix d’Erin O’Toole, un Ontarien né au Québec, est prometteur à condition qu’il réussisse à contrôler et marginaliser le tiers des conservateurs qui ont opté pour les candidats sociaux, Leslyn Lewis et Derek Sloan.

Car dans le Canada de 2020, on ne gagne plus des élections en faisant campagne sur des questions d’un autre siècle.

En cas inverse, le parti sera encore refoulé à la ligne Maginot canadienne : la frontière manitobaine, qui coupe littéralement le Canada politique en deux.

Erin O’Toole a les outils et un contexte favorable pour réussir, là où plusieurs élus de la droite canadienne ont échoué.