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La pause forcée met une esthéticienne dans le pétrin

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Mère de deux enfants en garde partagée, Anne-Marie, 38 ans, exerce le métier d’esthéticienne depuis plusieurs années. Elle travaille à son compte, mais peine à rendre son entreprise rentable. Tout s’effondre quand elle est forcée de cesser ses activités durant le confinement.

Le domaine de l’esthétique engendre beaucoup de dépenses à cause de l’équipement et des produits à se procurer. Qui plus est, il faut aussi louer et aménager un local pour recevoir la clientèle. Avant même la pandémie, Anne-Marie avait beaucoup de difficulté à joindre les deux bouts, et en mars 2020, ce fut le coup de grâce lorsque l’économie du Québec a été mise sur pause.

Une entreprise peu rentable

Anne-Marie a pu heureusement percevoir la PCU pendant plusieurs semaines, mais son budget est très serré et elle ne parvient plus à effectuer ses paiements mensuels pour rembourser ses cartes de crédit, qui s’élèvent désormais à 21 000 $, ni un prêt personnel conjoint avec sa mère d’un montant de 19 000 $. Elle a aussi un prêt auto de 11 000 $.

Ne sachant quand elle pourra recommencer à travailler ni même si elle parviendra à dégager des bénéfices de son activité professionnelle, elle se décide à mettre de l’ordre dans ses affaires et va chercher de l’aide auprès de spécialistes en insolvabilité.

Avec des dettes totales de 51 000 $ et des revenus de 2855 $ par mois, la meilleure solution dans la situation d’Anne-Marie est la faillite. 

« Compte tenu de ses revenus et de sa situation familiale, elle est éligible à une faillite de neuf mois avec des paiements minimums mensuels qui s’élèvent à 225 $ », explique Sabrina Fortin, conseillère principale chez Raymond Chabot.

Elle a choisi de conserver son véhicule dont elle va continuer à effectuer les paiements mensuels de 300 $. Au terme du processus, elle est libérée de toutes ses dettes, y compris de son prêt personnel, mais c’est sa mère qui devient dès lors responsable du solde total de celui-ci puisqu’elle l’a signé conjointement avec Anne-Marie.

Un nouveau départ

Cette mésaventure financière a conduit l’esthéticienne à amorcer une sérieuse remise en question sur son activité professionnelle. Afin de pouvoir dégager des bénéfices lorsqu’elle pourra ouvrir à nouveau son salon d’esthétique, elle envisage d’apporter plusieurs changements. Ainsi, elle tiendra moins de stock de produits cosmétiques, augmentera ses prix et élargira ses horaires pour mieux accueillir sa clientèle.

Toutefois, au fil des mois, Anne-Marie a poursuivi sa réflexion et a finalement pris une décision bien différente. 

« Quelque temps après avoir été libérée de sa faillite, elle est retournée sur les bancs d’école pour apprendre un nouveau métier. Ainsi, elle s’est inscrite à la formation de préposé aux bénéficiaires subventionnée par le gouvernement. Cette profession très demandée lui permettra d’avoir un revenu stable et supérieur à ce qu’elle gagnait auparavant », précise Sabrina Fortin.

Elle ajoute que sa cliente a réellement ouvert les yeux lorsqu’elle a suivi le programme de consultations en insolvabilité obligatoire pour ceux qui font une proposition de consommateur ou une faillite. « Cette formation qui touche notamment l’établissement du budget, les habitudes de dépenses et les objectifs financiers lui a permis de réaliser qu’elle avait de grandes lacunes dans ce domaine. Elle a donc demandé à sa sœur de l’aider à contrôler ses entrées et sorties d’argent pendant un an, afin de prendre de bonnes habitudes et reprendre le contrôle de ses finances », indique Sabrina Fortin.

On peut consulter les modules d’auto-apprentissage en ligne du Programme de consultations en insolvabilité sur le site du Bureau du surintendant des faillites. Ils sont accessibles à l’adresse suivante : ic.gc.ca/eic/site/bsf-osb.nsf/fra/br03993.html

Sa situation financière

ACTIFS :

  • Véhicule : valeur de 10 000 $, encore 11 000 $ à payer sur le prêt
  • REER : 2000 $, insaisissable
  • Outils de travail (équipement, produits, etc.) : 1500 $, insaisissables

DETTES :

  • Cartes de crédit : 21 000 $
  • Prêt personnel conjoint avec sa mère : 19 000 $
  • Prêt auto : 11 000 $

Total des dettes : 51 000 $

REVENUS MENSUELS :

  • PCU : 2000 $
  • Allocation canadienne pour enfants : 450 $
  • Allocation famille (Québec) : 280 $
  • Pension alimentaire : 125 $

Total des revenus : 2855 $

DÉPENSES MENSUELLES :

  • 2855 $ (incluant loyer, taxes, téléphone, électricité, assurance, épicerie, paiement faillite)