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Soins palliatifs: une Saguenéenne dénonce les conditions de fin de vie de sa grand-mère

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SAGUENAY – Une jeune femme de Saguenay ayant accompagné sa grand-mère vers son dernier repos dénonce les conditions de fin de vie de cette dernière qui a fini ses jours dans une maison de soins palliatifs en pleine pandémie.

Alexandra Maltais déplore que sa grand-mère, Germaine Lavoie, n’ait pas pu profiter pleinement des derniers jours de sa vie. La dame séjournait à la Maison des soins palliatifs du Saguenay, située dans le secteur Arvida, lorsqu'elle est décédée, le 15 août dernier.

«Personne ne devrait avoir à vivre ça», a raconté la jeune femme à TVA Nouvelles.

«Les derniers moments avec ma grand-mère ont été horribles, a-t-elle soutenu. Ç’a été des bagarres constantes pour essayer qu'elle obtienne des bons soins.»

C’est le 20 juillet dernier que Germaine Lavoie est d’abord entrée à la maison de soins palliatifs, à Alma. Quelques semaines plus tard, elle a été transférée à celle du Saguenay, pour être plus près de sa famille.

«Tout a changé quand elle a été transférée à Arvida, a confié la petite fille de la défunte. Là-bas, elle a été en isolement tout de suite pour la COVID. C'est normal, ils font attention».

Bernard Simard, directeur de la maison des soins palliatifs du Saguenay, a expliqué que pour protéger les employés, les visiteurs et les bénévoles, «nous demandons un test de la COVID pour les personnes admises sinon elles sont placées en isolement préventif. La famille peut quand même venir en visite, mais avec l'équipement de protection».

Germaine Lavoie a subi son test et a été placée en isolement préventif. Mais quelques jours plus tard, on lui aurait appris que son échantillon a été égaré.

«Elle a fait le test le dimanche et l’échantillon a été perdu le mercredi, a raconté Alexandra Maltais. Jeudi, le CLSC est repassé pour le refaire, mais finalement elle est décédée, le samedi en soirée, et nous n'avons jamais eu son résultat.»

Ses proches n'auraient pas eu l'occasion de la voir avant son décès, sans avoir à porter l'équipement de protection complet. Et lorsqu’Alexandra s'est présentée à la maison de soins avec son fils de 2 ans, l'accès lui aurait été refusé.

«Ils n'avaient pas de jaquette pour le bébé. J'ai dit: c'est beau, vous venez d'empêcher une personne âgée de voir son seul arrière-petit-fils pour la dernière fois.»

Alexandra déplore aussi le manque de ressources: «la communication, l'organisation, le système, le manque de personnel, le salaire...c'est hallucinant »!

«Moi je voulais travailler avec les personnes âgées, mais après mes constatations, je ne veux plus, a-t-elle ajouté. Si moi, qui est une personne de cœur je n'ai plus le goût d'y aller, qui va y aller? Il faut que ça change.»