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«Blancs, taisez-vous!»

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Le combat des militants racisés québécois est en train de basculer dans la fiction au point de dénaturer l’essence même de la lutte antiraciste.

Le Québec n’est pas les États-Unis. Ni le Canada, d’ailleurs. Nos médias donnent actuellement la parole à des citoyens noirs qui ont perdu le sens de la réalité et transposent la tragédie actuelle américaine vécue par les Noirs à leur situation en tant que minorité chez nous.

Disons-le clairement. La police dans notre pays n’est pas entraînée pour tirer dans le dos des Noirs ou à les étrangler lors d’une arrestation.

La discrimination à l’endroit des racisés existe à l’évidence. Elle est dénoncée par la majorité des Québécois, quelles que soient la couleur de leur peau et leur appartenance ethnique et culturelle. Mais les porte-voix autoproclamés des racisés qui, aveuglés par une intoxication due aux médias américains trumpistes, expriment une haine des Blancs d’ici devraient savoir qu’ils agissent de façon irresponsable.

Tensions

Dans notre démocratie jamais parfaite, faut-il le préciser, chaque citoyen se doit de tempérer ses humeurs. L’on ne peut pas entretenir des tensions en détruisant une réalité historique pour en faire une arme contre la réalité qui s’emploie aussi à sensibiliser à travers l’école les nouvelles générations entre autres aux injustices raciales, sociales et culturelles.

Les Blancs du Québec ont le droit de s’exprimer même lorsqu’ils dérapent, ne serait-ce que pour permettre à tous les autres, quelle que soit leur couleur, de les remettre à leur place.

Les militants noirs qui pratiquent l’intolérance et versent de l’huile sur le feu qui risque de nous enflammer tous ne servent ni la justice, ni l’égalité, ni les valeurs chèrement acquises de notre démocratie toujours fragile.

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Ceux qui sévissent sur les réseaux sociaux ne peuvent pas écrire une histoire fictive d’un Québec construit sur l’esclavagisme, par exemple. Ils n’ont pas le droit, au nom de leur cause, de faire fi de la vérité historique.

L’Occident

L’Occident blanc n’est pas blanc comme neige, si on me permet ce jeu de mots. Il était colonialiste et esclavagiste. Le stalinisme, le fascisme et le nazisme y ont pris racine. Mais il était également le terreau du siècle des Lumières, de la Révo-lution française et des droits de la personne. L’Occident blanc a exercé sa domination sur des peuples, mais il s’est aussi battu pour les libertés, dont la liberté de parole, et pour l’abolition de toutes les censures.

La pandémie amène son lot de dérapages. Le débat tel que mené par les antiracistes et particulièrement par les racisés du Québec qui expriment leur rancune amère envers les Blancs québécois est, au mieux, provocateur, au pire, dangereux.

D’ailleurs, les militants radicaux ne représentent guère la communauté noire majoritairement haïtienne qui participe depuis longtemps au développement politique, économique, culturel et intellectuel du Québec. Une communauté bien intégrée dont des membres sont représentés à l’Assemblée nationale et au gouvernement.

Ni les Blancs, ni les Noirs, ni les autres minoritaires du Québec ne doivent se faire imposer le silence. Nous sommes tous des Québécois, des gens de paroles, pour citer notre cher Gilles Vigneault à tous.