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Dix petits quoi?

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Mais dans quelle époque vivons-nous ? Le best-seller Dix petits nègres, d’Agatha Christie, change de titre ! Plus encore, on change son texte à 74 endroits pour faire disparaître l’offensant mot en « N ».

Comme si les lecteurs étaient incapables de penser plus loin que le bout de leur nez.

Âmes sensibles s’abstenir

Quelle fâcheuse tendance que celle de toujours prendre tout le monde par la main, de toujours marcher sur des œufs, de peur de blesser « quelqu’un » !

C’est ce qu’on fait, entre autres, quand on déboulonne des statues plutôt que de prendre le temps de remettre l’histoire dans son contexte. C’est aussi ce qu’on fait quand on censure des chefs-d’œuvre au gré des sensibilités générationnelles.

Est-ce normal qu’on se demande aujourd’hui si l’on peut citer le titre du premier roman de Dany Laferrière (Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer) ? Est-ce qu’on doit changer le titre de l’essai de Pierre Vallières pour le plier aux exigences de la bien-pensance (Nègres blancs d’Amérique) ?

Consensus ou censure ?

Après Autant en emporte le vent, est-ce qu’on va retirer La vie est belle et La liste de Schindler des écrans pour éviter de choquer les juifs ? Est-ce que tous les exemplaires de Tintin au Congo doivent être brûlés ?

À partir de quand est-ce qu’un mot, parce qu’il est vexatoire, doit disparaître complètement du vocabulaire ? Sur quelles bases doit-on taire un événement historique dont le souvenir heurte certains ?

Politiquement correct ou ramollissement intellectuel, le résultat est le même. On assiste à une réécriture de l’histoire qui n’est pas sans risques.

Gommer une œuvre littéraire, ce n’est pas moins grave qu’effacer des portions d’un tableau de maître ou photoshoper des images d’événements historiques pour les rendre conformes à la version des vainqueurs.

Ces méthodes sont celles des régimes totalitaires.

En 2020, est-ce vraiment le chemin dans lequel nous souhaitons nous aventurer ?