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Un tournage complexe mais inspirant

Maria Chapdeleine
Photo courtoisie, Laurence Grandbois-Bernard

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Le réalisateur Sébastien Pilote a terminé la fin de semaine dernière le tournage de son prochain long métrage, une adaptation du célèbre roman Maria Chapdelaine, de Louis Hémon. Pour tourner ce nouveau film, le cinéaste a dû s’adapter à de nouvelles contraintes imposées par la pandémie, mais aussi à des conditions météorologiques parfois compliquées : « J’aime ça, quand c’est difficile, et avec Maria Chapdelaine, j’ai été vraiment bien servi », lance-t-il en riant.

Le tournage de Maria Chapdelaine s’est déroulé en deux parties : une première portion a eu lieu l’hiver dernier, à Normandin (au Lac-Saint-Jean), et a pris fin tout juste avant le début du confinement, à la mi-mars. Après une pause de quelques mois, Sébastien Pilote a tourné le second bloc de son film, cet été, au même endroit, en suivant à la lettre les nouvelles mesures sanitaires imposées sur les plateaux de tournage. « Ç’a été un tournage complexe, mais pas seulement à cause de la COVID-19 », confie le réalisateur de Le vendeur et Le démantèlement.

« On a eu des températures très froides et on a manqué de neige au début, mais on en avait trop à la fin. Puis, cet été, on a eu des mouches, des coups de chaleur, des orages et de la pluie qui n’était pas prévue. Avec Maria Chapdelaine, je pensais faire un film sur la résilience. Mais je me suis rendu compte que j’ai moi-même fait beaucoup de résilience avec ce film ! »

Reconstitution

Son Maria Chapdelaine sera la quatrième adaptation cinématographique du roman de Louis Hémon, après notamment celle réalisée par Gilles Carle en 1983, avec Carole Laure dans le rôle principal. Pour éviter de trop s’inspirer de ses prédécesseurs, Sébastien Pilote a fait le choix de ne pas revoir les trois autres films avant d’entreprendre le tournage du sien : « C’est un projet très personnel pour moi qui est en continuité avec mes films précédents. J’ai toujours cru que même avec des œuvres qui datent de plusieurs années, on peut dire des choses nouvelles », avance-t-il. 

Maria Chapdeleine
Photo courtoisie, Laurence Grandbois-Bernard

Sébastien Pilote en était à sa toute première expérience dans la réalisation d’un film d’époque. Le cinéaste et son équipe ont dû reconstituer la campagne québécoise du début des années 1900 avec un budget d’environ 7 millions de dollars. 

« Quand on fait ce genre de film, tout demande à être créé : les costumes, les décors, les accessoires. C’est plus dispendieux et plus compliqué, mais en même temps, c’est un défi le fun. Je suis un grand fan du classicisme américain et des westerns, donc c’était très inspirant pour moi de tomber dans cette époque-là. Mais le plus important pour moi était de mettre de l’avant la langue de Louis Hémon, qui est très belle. »

Pour incarner sa Maria Chapdelaine, Sébastien Pilote a jeté son dévolu sur la jeune actrice et militante environnementaliste Sara Montpetit. Celle-ci l’a convaincu en audition, même si elle n’avait encore jamais joué à l’écran. « Elle a vraiment bien fait ça, souligne le cinéaste. Ce ne sera pas son dernier film, j’en suis certain. »


Maria Chapdelaine doit prendre l’affiche en décembre.