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Venezuela: résidence surveillée pour un député accusé dans un attentat

Juan Requesens.
Photo AFP Juan Requesens.

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Le député d’opposition vénézuélien Juan Requesens, accusé d’implication dans un attentat manqué commis en 2018 contre le président Nicolas Maduro et emprisonné depuis, a été placé vendredi en résidence surveillée, a annoncé sa défense.

Juan Requesens, qui était détenu au siège du service de renseignement vénézulien (SEBIN), est désormais assigné à résidence à son domicile dans l’est de Caracas. Son procès, qui est en cours, devrait reprendre lundi, selon l’un de ses avocats, Joel Garcia.

«La mesure de privation de liberté a été remplacée par une assignation à résidence», a indiqué Charity Flores, une avocate qui fait aussi partie de sa défense. Juan Requesens «est apparemment en bonne santé», a-t-elle dit.

«Mon frère Juan est à la maison», a confirmé sur Twitter Rafaela Requesens, une ancienne dirigeante étudiante.

Henrique Capriles, ancien candidat de l’opposition à l’élection présidentielle, a publié sur Instagram une vidéo sur laquelle on voit le député arriver à son domicile, saluant et embrassant des proches, des avocats et des responsables de l’opposition.

M. Requesens est, comme M. Capriles, membre du parti d’opposition Primero Justicia.

Les autorités n’ont pas communiqué sur sa mise en résidence surveillée.

Le député, qui était détenu depuis le 7 août 2018, est inculpé de «tentative d’homicide» et d’autres charges dont «terrorisme», «trahison de la patrie» et «association de malfaiteurs».

M. Requesens, qui se déclare innocent, risque 30 ans de prison.

Trois jours avant son arrestation, deux drones chargés d’explosifs avaient éclaté près d’une estrade sur laquelle le président Maduro présidait une parade militaire dans le centre de Caracas.

M. Maduro avait alors accusé l’ancien président colombien Juan Manuel Santos d’avoir planifié l’attentat avec la participation de personnes résidant en Colombie, aux États-Unis et au Pérou.

Dans une vidéo diffusée après l’arrestation de M. Requesens, le député reconnaissait avoir été en contact avec l’une des personnes impliquées selon Caracas. L’opposition avait déclaré qu’il avait été menacé ou drogué pour le contraindre à tenir ces propos.

Le leader de l’opposition, Juan Guaido, a réagi vendredi à la mesure concernant M. Requesens. «Nous savons que la résidence surveillée est loin d’être la liberté, mais la justice vaincra», a tweeté M. Guaido, qui s’est proclamé président par intérim et est reconnu comme tel par une cinquantaine de pays dont les États-Unis.

Trois autres députés de l’opposition sont détenus par les autorités vénézuéliennes.

Selon l’ONG de défense des droits de l’homme Foro Penal, il y a 386 «prisonniers politiques» au Venezuela.