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La loi et l’ordre, un thème qui pourrait rapporter à Trump

Les tensions civiles profitent au président sortant, selon une spécialiste

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Photos AFP Une enquête pour homicide a été ouverte après qu’un homme a été tué par balles à Portland, dans l’Oregon, en marge d’un rassemblement de Black Lives Matter. Les tensions raciales pourraient bien servir le président sortant Trump (en mortaise).

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S’il joue bien ses cartes, Donald Trump pourrait tirer profit des tensions civiles qui ont éclaté récemment dans son pays, lui dont la réélection est plombée par la pandémie et une économie en difficulté, estime une politicologue québécoise.

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La crise sociale qui secoue les États-Unis ne semble pas vouloir s’essouffler, elle qui a entraîné la semaine dernière plusieurs ligues professionnelles de sport à suspendre temporairement les matchs après l’intervention policière qui a blessé grièvement Jacob Blake, un père noir de 29 ans, dans la ville de Kenosha (Wisconsin).

Fait plus inquiétant, une fusillade a fait un mort samedi soir, dans des circonstances encore imprécises, en périphérie d’une manifestation antiraciste à Portland, en Oregon, à laquelle s’étaient invités des partisans pro-Trump.

À deux mois de l’élection présidentielle, la question s’est retrouvée à l’avant-plan de la scène politique, et Donald Trump ne s’est pas gêné jusqu’ici pour exploiter le thème de la loi et de l’ordre, remarque Ginette Chenard, coprésidente de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.

 

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Attaques acerbes

Le président sortant se rendra d’ailleurs à Kenosha mardi pour « examiner les dégâts causés par les émeutes », dans le Wisconsin, État considéré comme étant « pivot » lors des élections.

« Sa plateforme se résume à ça : “law and order”, et puis ça risque de motiver beaucoup de gens à se dire « il nous dit qu’il va nous ramener la paix dans nos banlieues », analyse Ginette Chenard.

Lors de la convention républicaine, il y a quelques jours, le président sortant n’a pas ménagé son adversaire, allant jusqu’à estimer que « personne ne sera en sécurité dans l’Amérique de Joe Biden ».

En réponse, le candidat démocrate, qui a dénoncé les violences tout en estimant que les manifestations antiracistes sont « nécessaires », tient un discours plus apaisant. Mais son message semble avoir plus de difficulté à percoler.

Une influence sur le vote ?

« [Trump] joue la carte de la démagogie alors que Biden joue l’ouverture, mais ça ne suffit plus, on est en crise, il y a une crise raciale au pays et il faut y répondre par une réforme », affirme Mme Chenard.

Les tensions actuelles pourraient avoir un impact sur le ton et les thèmes de la campagne présidentielle, mais une influence sur le vote est moins certaine, estime Pierre Martin, professeur de science politique à l’Université de Montréal et chroniqueur au Journal, qui observe que « l’électorat est très rigide » et « [qu’]il y a peu de transfert dans les intentions de vote ».

« Ça peut avoir un impact dans une certaine mesure sur la motivation de certains électeurs à participer à l’élection, mais est-ce que ça va avoir un impact de persuasion, c’est-à-dire de convaincre des gens qui étaient décidés à voter d’un côté de changer leur vote ? Ça m’étonnerait », évalue-t-il.

  • Écoutez la chronique de Normand Lester au micro de Pierre Nantel à QUB radio: