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Des gestes politiques commis à travers le monde

Catherine Larochelle
Photo courtoisie, Catherine Larochelle Catherine Larochelle. Professeure d’histoire

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États-Unis, France, Italie, Royaume-Uni. Le déboulonnage de statues représentant des personnages historiques controversés est devenu un phénomène mondial dans les derniers mois et un geste politique dans la foulée du mouvement Black Lives Matter, selon des experts.

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« C’est [un mouvement] important dans le sens où on voit qu’il y a une attaque qui est très active envers le récit national traditionnel, dans les différents pays, qui pouvaient être critiqués depuis longtemps, mais sans qu’il soit ébranlé autant qu’en ce moment », explique Catherine Larochelle, professeure d’histoire à l’Université de Montréal (UdeM).

Que ce soit à Bristol au Royaume-Uni, à Boston ou à Baltimore aux États-Unis, à Fort-de-France en Martinique ou encore à Milan en Italie, le mouvement de protestation antiraciste a amené à la dégradation ou au déboulonnage de plusieurs statues d’hommes qui ont marqué l’histoire colonialiste, comme l’explorateur Christophe Colomb ou le marchand d’esclaves Edward Colston.

Remise en question

Pour Samir Saul, professeur d’histoire à l’UdeM, ce mouvement, même s’il n’est pas nouveau, permet de remettre en question les hommages encore rendus à certains personnages.

« Le phénomène actuel a ses mérites, il force le débat. Ce sont souvent des actes de protestations, de contestations ou de révoltes qui attirent l’attention sur quelque chose qui est vrai, qui était là, mais qu’on n’avait pas cherché à résoudre, qu’on n’avait pas considéré comme problématique », ajoute-t-il.

De son côté, Mme Larochelle pense que la génération actuelle voit au-delà des récits nationaux qui donnent souvent une seule facette de ces personnages historiques. On peut prendre l’exemple de Colomb, qui est principalement dépeint comme l’homme qui a découvert l’Amérique avec peu de mentions sur son implication dans le génocide des Autochtones lors de son arrivée sur le continent.

Selon elle, c’est aussi surtout par manque d’écoute et d’action des différents gouvernements que ce mouvement traverse les frontières.

M. Saul estime que cet élan reflète un sentiment très fort, que les décideurs doivent écouter.