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Justin Trudeau dénonce le déboulonnage de statues

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OTTAWA | Justin Trudeau soutient que le déboulonnage de statues n’est «pas acceptable» et invite les Canadiens à réfléchir à la meilleure façon de se souvenir des personnages controversés de notre histoire.

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Le premier ministre a toutefois évité de trop se mouiller concernant ce débat de société épineux, lundi, en conférence de presse à Montréal. 

Ce débat a été relancé cette fin de semaine, après que la statue du premier premier ministre canadien, John A. Macdonald, eut été déboulonnée et décapitée par des manifestants. 

CAMILLE LALANCETTE/24 HEURES/AGENCE QMI

M. Trudeau a dit comprendre l’impatience de militants qui souhaitent déboulonner les statues, mais qu’il «ne revient pas à un petit groupe» de décider de l’avenir de ces monuments.   

  • Écoutez l'historien Éric Bédard avec Benoit Dutrizac à QUB Radio:   

«Le vandalisme n’est pas une façon acceptable de vouloir avoir du changement dans la société», a-t-il affirmé.  

«Je comprends qu’il y a des gens qui vivent de la discrimination systémique au pays depuis longtemps, mais des actes comme ceux-là n’ont pas leur place dans une société de droit.» 

Voulant se faire la voix de la modération, M. Trudeau a déploré que ce débat de société ait, selon lui, été récupéré politiquement à «droite» comme à «gauche». 

M. Trudeau s’est toutefois bien gardé d’offrir une vision claire sur la question, invitant essentiellement au dialogue.  

«Je pense qu’on doit se poser des questions par rapport à tous nos anciens premiers ministres, qui ont sûrement fait beaucoup de bonnes choses, mais qui ont aussi fait quelques erreurs. Et je pense qu’un pays doit s’informer de son passé», a-t-il ajouté. 

Photo Agence QMI, Camille Lalancette

John A. Macdonald, un des pères fondateurs du Canada, est une figure controversée de notre histoire. 

Il est responsable de la pendaison de Louis Riel et d’une vive répression contre les peuples autochtones.  

Plus tôt lundi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a dit ne pas cautionner le déboulonnage de la statue de John A. Macdonald, mais s'est dit d’accord avec le message que les manifestants ont voulu envoyer.  

«Je ne suis sympathique à aucune forme de vandalisme. Par contre, je vous dirai que je ne suis pas le responsable des relations publiques du conquérant», a affirmé M. Blanchet en point de presse à Montréal.  

Le chef du Bloc a ironisé sur la réaction viscérale du premier ministre de l’Alberta, qui s’est dit prêt à accueillir l’œuvre dans sa province.  

«Je suis prêt à la mettre dans une belle caisse avec des plumes, je lui laisse fournir le goudron, et ça partira là-bas», a réagi M. Blanchet, qui suggère que la statue de Macdonald fasse place à un lieu honorant la mémoire de Louis Riel.