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Des élèves sans autobus à Saint-Félicien

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La rentrée scolaire inquiète des parents de Saint-Félicien, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont les enfants n'ont plus accès au transport scolaire. Les circuits d'autobus ont été révisés et des coupes ont été faites.

Marcher pour se rendre à l'école est devenu la nouvelle réalité pour 25 enfants d'un quartier de Saint-Félicien.

Le directeur général du Centre de service du Pays-des-Bleuets, Sylvain Ouellet, a expliqué qu’il y a eu une uniformisation des distances de marche.

«Pour le primaire, nous avions trois et même quatre distances de marche à parcourir. Ça créait beaucoup d'incohérences parce qu'on avait des enfants qui passaient de deuxième à troisième année qui n'avait plus le droit de prendre l'autobus.»

De sa première année jusqu'en sixième, l'enfant qui habite à moins de 1,4 km de l'école doit marcher matin, midi et soir pour s'y rendre, alors qu'avant, la distance de marche évoluait en fonction du niveau scolaire de l'enfant.

Cette procédure est vivement critiquée par des parents.

«Quand je vais aller travailler et que je serai sans nouvelle de mon fils, je vais être inquiet, a confié un père de famille qui préfère garder l'anonymat. Va-t-il falloir attendre que la Sûreté du Québec m'appelle pour me dire qu'il lui est arrivé quelque chose pour qu'il se passe de quoi ?»

Après avoir envoyé des dizaines de courriels aux autorités concernées, ce parent se bat depuis des jours afin que son fils puisse prendre place dans l'autobus aux côtés de sa soeur de 5 ans qui elle, a le droit au transport.

Trajet dangereux

Des parents, dont ce père, déplorent que leurs enfants doivent traverser un secteur qu'ils jugent dangereux. Pas de lumière, ni de traverse piétonnière, ni de brigadier pour aider les enfants à traverser.

Depuis deux jours, son garçon de 7 ans marche donc 1,39 km jusqu'à l'école, ce qui lui prend près de 30 minutes chaque fois.

En plus de passer par une intersection très achalandée au coin de la rue, les enfants doivent passer par le Cégep de Saint-Félicien, où les parents dénoncent la vitesse à laquelle roulent les véhicules.

«Ça roule en fou, les jeunes ne font pas leur arrêt, disent d'autres parents. L'hiver, c'est pire parce qu'ils doivent s'avancer jusque dans la rue avant de voir quelque chose à cause des bancs de neige.»

La zone déclarée sûre

De son côté, le Centre de service du Pays-des-Bleuets assure que la zone où marchent les enfants n'est pas jugée critique et que les enfants en dehors du périmètre desservi sont choisis par priorité lorsque des places se libèrent.

Une réévaluation des places dans les autobus est faite vers la fin du mois de septembre. Il arrive que des places d'enfants qui ont droit au transport se libèrent et qu'elles laissent des bancs libres pour ceux qui n'entrent pas dans les critères.

Ces enfants sont choisis par priorité: deuxième adresse, deuxième enfant d'une même famille ou encore si la sécurité n'est pas tout à fait assurée.

COVID oblige, les autobus ont une capacité maximale restreinte. Le Centre de service devait absolument revoir ses circuits afin de respecter cette limite d'enfants par voyage.

L'ajout d'autobus devenait presque qu'impossible avec la contrainte de mains d'oeuvre du côté des chauffeurs.

Ce père de famille se demande quasiment si les dangers pour son enfant ne sont pas plus grands à circuler à pied plutôt que d'attraper le virus à l'intérieur d'un autobus. Lui et quelques voisins sont prêts à payer plus pour que leurs enfants prennent place dans l'autobus du quartier, qui passe déjà devant leur maison.