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Quel dialogue?

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Capture d'écran, TVA Nouvelles L’appel à la discussion de Justin Trudeau a des airs de pelletage par en avant.

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Entre le louvoiement des uns et le statu quo défendu par les autres, le débat sur l’avenir de nos monuments controversés ressemble à un dialogue de sourds.

D’abord parce que chacun y va de son petit calcul politique. 

Ensuite parce que ce genre de consensus est tout simplement difficile à atteindre dans nos sociétés atomisées où les revendications particulières sont de plus en plus nombreuses. 

Des revendications ardemment défendues et contestées avec autant de vigueur.

C’est ainsi que François Legault souhaite la restauration et la réinstallation de la statue de John A. Macdonald, où elle trône depuis plus de cent ans. 

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, appelle quant à lui les politiciens à « mettre leurs culottes » pour défendre le Canada. Rien de moins. 

Ce n’est pas la première fois que la statue du premier premier ministre du Canada est vandalisée à Montréal.

Elle est périodiquement couverte de peinture depuis des années. Et il y a près de 30 ans, elle était décapitée par des indépendantistes.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, se débarrasserait volontiers de l’œuvre érigée à la mémoire du « conquérant », pour la remplacer par un monument célébrant la mémoire de Louis Riel. 

Les héros des uns sont les tortionnaires des autres.

La présence de monuments en l’honneur de Macdonald, sur les places publiques, alimente les débats aux quatre coins du pays, de Charlottetown à Victoria. 

Le statu quo prêché par M. Legault et les conservateurs est-il vraiment réaliste ? 

Comment assurerait-on l’intégrité de l’œuvre une fois remise à sa place d’origine ? Veut-on vraiment d’un monument entouré de barbelés et surveillé par caméra vidéo ? 

Maintenir le statu quo imposerait un intense effort de pédagogie, c’est le moins qu’on puisse dire. 

Faux-fuyant

L’actuel premier ministre, Justin Trudeau, a finalement réagi à cet acte de vandalisme, hier, deux jours après tout le monde. 

Il a invité les Canadiens à réfléchir à la meilleure façon de se souvenir de tous nos leaders du passé, y compris son propre père.

M. Trudeau s’est toutefois bien gardé d’offrir plus de clarté sur sa propre vision de la chose. 

L’appel à la discussion du premier ministre a des airs de pelletage par en avant, ou de faux-fuyant.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, cultive un flou semblable.

Sur des œufs

Le malaise est palpable à gauche. Libéraux et néo-démocrates sont soucieux de ne pas s’aliéner un électorat plus militant qu’ils courtisent.

À tout prendre, la classe politique s’entend au moins pour condamner le vandalisme de monuments, aussi controversés soient-ils. 

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, souhaite que la statue de Macdonald soit remise à sa place, en incluant une mise en contexte historique.

Est-ce que cela sera suffisant ? 

C’est bien possible.

Quoi qu’il en soit, l’ensemble de la population et de la société civile est appelé à participer à ce débat délicat, qui n’appartient pas aux seuls politiciens. 

Ces derniers hésitent rarement à tout récupérer à leur avantage. Et ce n’est pas toujours pour le bien de la discussion.