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Un contrat à long terme pour Phillip Danault

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Photo d'archives, AFP Phillip Danault est le joueur québécois le plus apprécié à Montréal depuis des années.

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Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, aura plusieurs dossiers à régler dans les prochaines semaines et un cas qui m’intéresse grandement est celui de Phillip Danault. J’espère qu’il signera un contrat de plusieurs saisons avant le début de la saison. 

Je l’avoue d’emblée, je suis un grand fan de Danault. C’est un joueur responsable et acharné. Il se présente tous les soirs et, depuis son arrivée à Montréal en février 2016, il n’a cessé de progresser, si bien qu’il est devenu le premier joueur de centre du Canadien. 

De plus, il n’a pas peur de dire les vraies choses. Il a du cran et il est le joueur québécois le plus apprécié des partisans à Montréal depuis longtemps. Les Canadiens ont besoin de lui, mais je crois aussi que Danault a tout intérêt à rester à Montréal. 

S’il ne s’entend pas sur les termes d’un nouveau contrat dans les prochains mois, il pourra profiter de l’autonomie complète à l’été 2021, mais y aura-t-il une équipe prête à lui accorder un contrat d’un véritable joueur de centre numéro un à six ou sept millions par saison ? Malgré tout mon respect pour Danault, j’en doute.  

Augmentation substantielle 

Il mérite une augmentation substantielle sur les trois millions qu’il gagne actuellement, mais il devra faire preuve de réalisme dans ses exigences. On sait tous qu’il est un joueur polyvalent, mais il n’a jamais marqué plus que 13 buts et obtenu plus que 53 points dans une saison. 

Son différentiel de +18 vient au 8e rang parmi les joueurs de centre, mais sa production offensive de 13 buts et 34 aides (47 points) le place au 39e rang. Ça résume la situation. Certes, Danault peut produire davantage, mais il ne doit pas se créer d’illusions et perdre de vue ce qui a fait de lui un joueur si important à Montréal, un peu comme Guy Carbonneau à son époque. 

Ses jeunes collègues au centre, Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi, ont plus de potentiel offensif et prendront plus de place la saison prochaine ainsi que dans les prochaines années. 

Du respect avant tout 

Je crois donc que Danault a tout intérêt à parapher une nouvelle entente rapidement, mais en même temps, Marc Bergevin doit lui démontrer du respect et lui présenter une offre intéressante. Il ne faut surtout pas que Danault se sente blessé par la première offre et que les négociations tournent au vinaigre. 

Il faut garder Danault à Montréal, mais au juste prix. Je crois qu’un contrat de longue durée en moyenne à près de cinq millions par saison serait réaliste et, dans le meilleur des mondes, ce contrat serait signé avant le début de la prochaine saison. 

Amorcer une saison avec la paix d’esprit que ton contrat est réglé pour cinq ou six ans, ça vaut de l’or, quitte à laisser un peu d’argent sur la table. Ça évite les distractions, tant pour le joueur que pour l’équipe. Je crois que les deux parties devront mettre de l’eau dans leur vin pour en arriver à une entente équitable. 

Reconnaissance 

Malgré le beau potentiel des Suzuki et Kotkaniemi, il ne faut pas partir en peur. Ils auront des hauts et des bas. Danault, c’est la constance. Il est apprécié et il apporte du leadership. Bergevin a besoin de lui et il doit lui démontrer une certaine reconnaissance. 

De son côté, Danault semble être heureux à Montréal. Il a le CH tatoué sur le cœur et il y a un autre facteur qu’il doit considérer. On ne le réalise pas lorsqu’on joue, mais il y a d’énormes avantages pour un Québécois au fait de jouer pour les Canadiens et ça aide dans l’après-carrière. 

Je souhaite que Bergevin et le clan Danault en arrivent bientôt à une entente équitable et bien négociée de part et d’autre. À mon avis, Danault doit viser le double plutôt que le coup de circuit.

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets 

Se protéger contre le plafond 

Plus que jamais, les directeurs généraux doivent se protéger contre le plafond salarial, et ce n’est pas toujours évident de s’entendre avec les agents. J’espère que Marc Bergevin ne répétera pas l’erreur d’Alexander Radulov dans ses négociations avec Phillip Danault. Bergevin avait perdu les services de Radulov pour 500 000 $. 

Rotation de gardiens en séries 

On en voit de toutes les couleurs dans l’utilisation des gardiens de but, au cours des séries. Habituellement, on ne voit pas de situations de deux matchs en deux soirs en séries éliminatoires, mais la tendance d’utiliser deux gardiens de but est réelle. On l’a vu en fin de semaine alors que Marc-André Fleury, Thomas Greiss et Brian Elliott ont obtenu leurs premiers départs de la deuxième ronde. 

Lehner ou Fleury 

La situation des gardiens qui me rend le plus perplexe est celle des Golden Knights de Vegas. De toute évidence, Robin Lehner est maintenant le gardien numéro un, mais à sa place, je ne serais pas très heureux de la décision de l’entraîneur Peter DeBoer de faire jouer Marc-André Fleury au lendemain d’un jeu blanc. C’est très dangereux pour un entraîneur de remplacer un gardien qui est dans sa zone, surtout en pleines séries éliminatoires. Cela dit, j’ai toujours confiance en Fleury, et ce n’est pas dit qu’il ne reviendra pas le numéro un. D’ailleurs, je lui aurais fait amorcer les séries compte tenu de tout ce qu’il a fait pour cette organisation. 

Injuste pour Vigneault  

L’entraîneur-chef des Flyers de Philadelphie, Alain Vigneault, s’est retrouvé dans l’eau chaude pour avoir dit ne pas être au courant des protestations des joueurs de la NBA parce qu’il était absorbé par son travail. À mon avis, on a été injuste envers Vigneault en attaquant sa personne, et cette histoire est devenue une distraction pour les Flyers. Je connais bien Alain, et c’est le meilleur gars du monde. Il a de bonnes valeurs.