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Un courtier immobilier suspendu pour de présumés comportements sexuels inappropriés

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Le permis de pratique d'un courtier immobilier de l'Outaouais a été suspendu mardi à la suite de dénonciations de plusieurs femmes qui ont fait état de présumés comportements sexuels inappropriés dans le cadre de ses fonctions.

Des clients de Francis Vallée de la bannière Royal LePage à Gatineau ont porté plainte contre le courtier pour des comportements présumés de harcèlement sexuel.

«L'intimé a eu des comportements sexuels et/ou des propos inappropriés envers des femmes dont certaines étaient ou avaient été ses clientes», peut-on lire dans la plainte déposée par la syndique adjointe de l'OACIQ, l'organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec. La période visée va de 2016 à 2020.

Chez Royal LePage, le dirigeant propriétaire en Outaouais, Richard Beaulieu, a confirmé à l’Agence QMI avoir mis fin à sa relation professionnelle avec Francis Vallée lundi, au terme d'une enquête menée par un avocat mandaté par l'entreprise.

«J'ai réagi comme tout bon père de famille aurait réagi, a-t-il affirmé. Dans ce cas-ci, ç'a été de déclencher une enquête, ce qui a été fait il y a environ 3 semaines.»

Au terme de cette enquête, un message a été envoyé lundi à tous les courtiers de cette bannière pour les informer de la situation et annoncer que celui qui avait le statut de travailleur autonome avec contrat n'avait plus de lien d'affaire avec l'organisation, en raison d'un comportement inapproprié.

M. Beaulieu refuse de dire combien de plaignantes ont été rencontrées par Royal LePage.

La porte-parole du groupe de femmes qui auraient vécu de mauvaises expériences avec Francis Vallée estime à quelques dizaines le nombre de clientes qui seraient concernées par ces situations avec lui, mais plusieurs auraient peur de témoigner devant les autorités.

La police de Gatineau aurait aussi reçu au moins deux plaintes de femmes le ciblant. La porte-parole du corps policier, l'agente Renée-Anne St-Amant, a toutefois refusé de dire quoi que ce soit sur le dossier.

Le courtier s’est d’abord fait identifier et dénoncer dans certains forums de discussion sur Facebook en juin dernier, puis sur Instagram. Mais les premières dénonciations dans l’espace public remonteraient à 2017 sur la page Facebook «Spotted Gatineau».

Un peu à la manière des mouvements #MeToo et #MoiAussi, des femmes ont décrit avec horreur la façon avec laquelle le courtier aurait tenté de les séduire dans un cadre professionnel, en leur dévoilant ses fantasmes particuliers et douteux.

Valérie, l'une des clientes ciblées par Francis Vallée, a clavardé et discuté au téléphone avec plusieurs des présumées victimes et elles se sont même regroupées à sa demande à sa résidence de Gatineau à au moins quatre occasions afin de faire avancer le dossier devant la justice.

Le courtier visé n'était pas à sa résidence lorsque nous sommes allés sonner chez lui mardi après-midi. Un message de l'Agence QMI dans sa boîte vocale est resté sans réponse.

Francis Vallée devra aussi se présenter devant le comité de discipline de l'OACIQ le 8 septembre pour répondre de ses comportements sexuels et de ses propos envers des femmes, dont certaines étaient des clientes.