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À l’ère du télétravail, le 3e lien de Québec est très contesté

Le gouvernement s’apprête à investir des milliards pour un tunnel Québec-Lévis

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Une vue de l’autoroute Duplessis hier à Québec en fin de journée. La circulation y est plus fluide qu’à pareille date l’an dernier.

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Le télétravail, qui semble avoir un impact majeur sur la congestion routière dans la grande région de Québec, remet en doute la pertinence du troisième lien, un projet cher à la Coalition avenir Québec, mais contesté. 

Comme chaque année, trois journalistes ont arpenté les grandes artères de la Vieille Capitale hier pour évaluer la lourdeur de la circulation en cette semaine de retour à l’école.

Le contexte particulier de la pandémie a fait fondre les temps de parcours d’une proportion entre 30 % et 45 %. 

De quoi soulever des questions sur la situation de la congestion dans la capitale nationale et sur le rôle que peut y jouer le télétravail alors que Québec s’apprête à investir des milliards dans deux grands projets d’infrastructure, soit le tramway et le troisième lien.

« C’était un projet déjà difficile à défendre. On s’approche de l’indéfendable », lance Etienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables à propos du troisième lien, un tunnel qui relierait le centre-ville de Québec à Lévis. 

Pas d’étude de besoins 

Le gouvernement n’a jamais présenté d’études de besoins qui justifieraient cette construction, déplore M. Grandmont, qui promeut le transport actif.

« On n’a jamais démontré qu’il y avait un besoin, appuie également Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l’environnement – Capitale-Nationale. Et ce n’est pas parce qu’on permet plus facilement aux automobilistes de rentrer dans la ville de Québec que la circulation sera plus fluide une fois rendu dans la ville. »

La pandémie aussi 

Si on ajoute l’effet qu’a eu la pandémie sur le rapport au télétravail, les arguments pour réaliser ce projet se font rares, selon Etienne Grandmont.

« Les raisons commencent à être faibles. Même le gouvernement du Québec admet que le télétravail deviendra pratique courante et on sait qu’au centre-ville, il y a beaucoup de fonctionnaires. »

Tania Saba, professeure à l’École des relations industrielles de l’Université de Montréal, étudie actuellement le phénomène. Ses plus récents résultats démontrent que 73 % des employés ont un appétit pour le travail à distance, confirmant qu’une tendance pourrait s’installer. 

STATISTIQUES CHEZ DES GRANDS EMPLOYEURS DE QUÉBEC

Mouvement Desjardins

Nombre d’employés : Plus de 10 000 à Québec et 48 000 dans l’ensemble du Canada

Nombre en télétravail : environ 80 %


La Capitale-SSQ

Nombre d’employés : 3400 

Nombre en télétravail : environ 95 % 


iA Groupe financier

Nombre d’employés : 2800 

Nombre en télétravail : environ 98 %


Fonction publique (ministères et organismes)

Nombre d’employés : 65 000 

Nombre en télétravail : 66 % au 10 août


Ville de Québec

Nombre d’employés : 7500 en période estivale

Nombre en télétravail : environ 24 %