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Achat local : l’étiquette bleu et jaune est en vogue dans les épiceries

Achat local : l’étiquette bleu et jaune est en vogue dans les épiceries
GABRIELLE MORIN-LEFEBVRE/24 HEURES/AGENCE QMI

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Les producteurs de nourriture québécois veulent s'afficher comme tels: Aliments du Québec certifie de plus en plus de fabricants locaux et constate de l'engouement chez les détaillants.

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Depuis le début de la pandémie, le gouvernement a, à plusieurs reprises, demandé aux Québécois d'encourager l'économie locale.

Les commerçants semblent avoir sauté sur l'occasion : depuis avril, les demandes d'obtention de la certification «Aliments du Québec» a doublé de 50 % par rapport au même trimestre l’an dernier, a affirmé la directrice adjointe de l'organisme, Isabelle Roy.

Isabelle Roy, directrice adjointe d’Aliments du Québec
PHOTO COURTOISIE
Isabelle Roy, directrice adjointe d’Aliments du Québec

Le logo en forme de «Q» bleu et jaune, signature visuelle de la certification, apparait donc de plus en plus fréquemment dans les rayons des épiceries.

Cette certification ne peut s’appliquer qu’aux produits composés à au moins 85 % d’ingrédients québécois. Quelque 22 000 produits ont été certifiés par l'organisme.

Il existe aussi la certification «Aliment préparé au Québec», pour les produits qui ont entièrement été emballés et transformés dans la Belle Province.

«On a vu que les entreprises se tournaient vers nous pour s’identifier comme produits québécois», a affirmé Mme Roy.

Affichage flou

Les détaillants et producteurs ont intérêt à ce que l'affichage soit clair : les Québécois se disent prêts à payer en moyenne 11 % plus cher pour des produits alimentaires locaux, selon un sondage mené par Léger*.

Les trois quarts d'entre eux disent toutefois avoir de la difficulté à discerner les produits d'ici en magasin.

Il faut dire qu'il n'est pas toujours facile d'identifier un produit du Québec. Comme la certification «Aliments du Québec» est basée sur une adhésion volontaire, certains produits québécois n'en portent pas la marque.

La situation est particulièrement difficile au rayon des fruits et légumes. De par la loi, le lieu d'origine de la culture de ceux-ci doit être affiché en épicerie, mais c'est parfois difficile à faire en pratique quand il s'agit de produits sans emballage.

Des erreurs peuvent survenir malgré la bonne volonté des commerçants. Par exemple, ils peuvent avoir oublié de changer l'étiquetage entre deux installations de produits, ou avoir fait une erreur lors d'une installation ou d'une rotation de personnel.

Si «toute absence d’indication et toute indication inexacte, fausse, trompeuse ou susceptible de créer une confusion sur l’origine et la nature du produit » est interdite selon la loi, cela n’est pas toujours évident d’éviter les erreurs, a confirmé Jocelyn St-Denis, directeur de l’Association des producteurs maraîchers du Québec.

Selon ses observations, l’affichage est respecté à 90 % chez les détaillants.

Chaque épicerie peut aussi personnaliser l'affichage et offrir une «certification maison».

Suivre la vague

Même sur les emballages, certains producteurs ne souhaitent pas afficher une certification puisqu'ils exportent dans d'autres provinces.

Mme Roy invite toutefois l’ensemble des producteurs et des transformateurs québécois à adhérer à la certification «Aliments du Québec» pour faciliter le travail d’affichage des détaillants et de mettre en valeur leurs produits auprès du consommateur.

«On poursuit notre objectif d’avoir de plus en plus de produits québécois afin que le consommateur puisse les repérer encore plus facilement», a-t-elle avancé.

«[Les détaillants] n’ont pas le choix de suivre la vague: tout le monde s’affiche local et ils sont contents d’afficher des produits du Québec», a expliqué M. St-Denis.

*Le sondage a été mené par la firme Léger sur le web auprès de 1500 répondants au cours des mois d'avril et de mai.