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Cyberattaque: l'opposition dénonce les «cachotteries» du gouvernement

Eric Caire
Photo d'archives, Simon Clark Le ministre de la transformation numérique, Éric Caire

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Quatre jours après une cyberattaque au ministère de la Justice, le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, assurait en commission parlementaire qu’aucun piratage n’avait eu de «conséquences sérieuses» au gouvernement récemment.

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En fait, le ministre assure qu’il «ne disposait pas des informations» sur la gravité du piratage au moment où il était questionné lors de l’étude des crédits le 18 août.  

  • Écoutez l'analyse d'Antoine Robitaille et de Caroline St-Hilaire avec Benoit Dutrizac à QUB radio:  

Les 11 et 12 août, des pirates ont réussi à voler de l’information personnelle de citoyens en contact avec Justice Québec. La situation serait ensuite revenue à la normale le 14 août.

Une Montréalaise a même reçu des logiciels malveillants dans des courriels contenant des messages qu’elle avait envoyés au ministère.

La semaine dernière encore, le ministère de la Justice croyait au contraire avoir subi une campagne d’hameçonnage ratée, qui n’avait provoqué «aucune fuite ou perte de données».

Après les questions supplémentaires, le porte-parole Paul-Émile Charest déclarait finalement que le ministère «poursuit présentement ses analyses» pour bien comprendre les conséquences de l’attaque.

«Cachotteries»

De son côté, l’opposition pense tout de même que le ministre Caire aurait dû faire preuve de plus de transparence lors de l’étude des crédits.

«Comment est-ce qu’on va discipliner le privé, les Desjardins, Equifax, Industrielle Alliance de ce monde, si le gouvernement lui-même a l’air de toujours prendre ça à la légère? » demande Vincent Marissal, député de Québec solidaire.

Il pense que les fuites d’informations personnelles devraient être systématiquement déclarées à la Commission d’accès à l’information, qui jugerait elle-même de leur gravité.

Il a questionné Éric Caire en commission parlementaire sur la stratégie numérique du gouvernement, le 18 août.

«Est-ce que vous ne pensez pas qu’il serait temps d’avoir une politique de divulgation obligatoire [...] pour que les gens soient au courant et qu’ils ne l’apprennent pas trois mois plus tard par Le Journal de Montréal?» lui demandait le député.

Hier, c’est exactement ce qui s’est produit à nouveau, alors que notre Bureau d’enquête révélait les détails de la cyberattaque qu’a subie le ministère de la Justice.

La députée Marwah Rizqy, qui représentait les libéraux en commission parlementaire, se demande elle aussi pourquoi le ministre n’a rien dit de la cyberattaque contre le ministère de la Justice.

«Il a minimisé ça comme si de rien n’était, dit-elle. Il laisse sous-entendre qu’il n’y a rien à signaler.»