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Les Anglo-autochtones: Down with John Macdonald!

Les Anglo-autochtones: Down with John Macdonald!
Photo AFP

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Ce n’est pas moi qui vais pleurnicher sur la destruction de la statue de John A. Macdonald sous le regard bovin de policiers montréalais. On aurait pu l’envoyer à Toronto ou à Ottawa. Vous avez remarqué? Les manifestants semblaient surtout vociférer en anglais, langue qui ornait aussi leurs pancartes et leurs banderoles. Normal. L’anglais est maintenant la langue dominante au centre-ville de Montréal.

J’ai la nette impression que la destruction du monument a été orchestrée par des étudiants de McGill et de Concordia en coordination avec les Mohawks de Kahnawake. 

La manif s’inscrivait dans la mouvance américaine Defund the Police/ Black Lives Matter comme les autres qui se sont déroulées à Toronto, à Calgary, à Moncton, à Fredericton, à London et à Ottawa. From coast to coast!

Rappelez-vous les blocages mohawks des lignes de chemin de fer du début de l’année étroitement coordonné à partir de l’Ontario et de Colombie-Britannique. Comme je l’ai souvent dit, les Mohawks ne sont pas des autochtones du Québec. Kahnawake est une enclave anglo-américaine en banlieue de Montréal. Allez voir par vous-mêmes: les drapeaux américains qui y flottent partout alors que le fleurdelisé y est introuvable. 

Je parie que si ça avait été des Québécois qui s’en étaient pris à un symbole de l'anglicisation accélérée de Montréal, l’escouade antiémeute serait rapidement entrée en action pour disperser les manifestants. Autres temps autre mœurs. En 1969, une immense manifestation «McGill français» s’est déroulée rue Sherbrooke pour réclamer la francisation de l’institution. Jamais personne n’oserait aujourd’hui affirmer la primauté du français à Montréal ailleurs que dans l’humiliante interjection Bonjour-Hi, symbole de notre déchéance culturelle et linguistique.

Curieux, que la statue de Macdonald ait été vandalisée à plusieurs reprises, alors que la colonne Nelson, place Jacques-Cartier, un méprisant raciste, soit restée intacte. Sans doute parce que ce suprémaciste blanc était admiré par les Anglo-Montréalais pour avoir vaincu Napoléon. Ils lui avaient érigé une statue en partie pour narguer la majorité francophone. 

Et qu’arrive-t-il du mouvement de protestation à l’endroit du fondateur de l’Université McGill, James McGill, qui possédait des esclaves autochtones? Va-t-on bientôt changer son nom? Éclabousser et peinturlurer son patronyme inscrit partout sur les murs de l’institution? Je ne le pense pas. Ça n’intéresse guère les jeunes anglomohawks de culture américaine et les nombreux étudiants qui viennent du Canada anglais et des États-Unis.

La destruction de la statue de John A. Macdonald est d’une certaine façon une nouvelle indication de l’anglicisation de Montréal et de la minorisation des francophones dans leur métropole nationale.