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Ouellette s’est rendu dans les bureaux de la CAQ pour couler de l’information

Il a pourtant affirmé lundi qu’il n’était pas une source du parti de François Legault

Periode des questions
Photo Simon Clark Guy Ouellette

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Alors que le député Guy Ouellette nie avoir coulé des documents à la CAQ, de nouvelles informations indiquent qu’il s’est pourtant rendu physiquement dans les bureaux de ses adversaires afin de leur transmettre des courriels embarrassants pour les libéraux.

Le 30 novembre 2016, M. Ouellette, alors membre du caucus libéral, est allé au troisième étage de l’Assemblée nationale pour rencontrer un représentant caquiste, qui a relaté cette visite à notre Bureau d’enquête, hier, lors d’un entretien. 

Notre Bureau d’enquête avait déjà publié, en septembre 2018, les courriels envoyés à la CAQ depuis deux adresses associées au député Guy Ouellette.
Photos d'archives
Notre Bureau d’enquête avait déjà publié, en septembre 2018, les courriels envoyés à la CAQ depuis deux adresses associées au député Guy Ouellette.

Pour éviter que les documents à transmettre transitent par les serveurs informatiques de l’institution, il a été convenu que M. Ouellette enverrait à la Coalition avenir Québec (CAQ) ses documents PDF à une adresse courriel créée à partir d’un pseudonyme.

De son adresse personnelle, le député libéral a envoyé trois courriels au représentant de la CAQ qui était avec lui. 

Ils contenaient des informations sur les liens entre l’homme d’affaires controversé Luigi Coretti et Pietro Perrino, un militant libéral nommé en 2014 haut fonctionnaire dans le ministère de Philippe Couillard, alors qu’il était premier ministre.

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AU SALON BLEU

Le lendemain de cet échange de courriels, le 1er décembre 2016, le député caquiste Simon Jolin-Barrette a réclamé la démission de M. Perrino en se référant aux informations transmises à partir des adresses associées à M. Ouellette.

Cette intervention, au Salon bleu, avait été accueillie comme un manque de respect envers la fonction publique par le leader parlementaire du gouvernement libéral, Jean-Marc Fournier.

« ABSOLUMENT RIEN »

Cette source caquiste, de qui nous avons obtenu hier ces nouvelles précisions au sujet de la visite de M. Ouellette, a préféré garder l’anonymat. Elle est à l’origine d’un premier reportage de notre Bureau d’enquête au sujet de cette collaboration inhabituelle, qui a mené à l’expulsion de M. Ouellette du caucus libéral, en 2018.

À quelques jours du scrutin du 1er octobre, cette année-là, nous avions rapporté que deux adresses courriel associées à M. Ouellette avaient servi à transmettre à la CAQ ces informations embarrassantes pour le gouvernement de Philippe Couillard, qui a ensuite été défait.

Questionné à ce sujet, M. Ouellette n’avait pas nié que ces adresses étaient les siennes. Mais il soutenait n’avoir aucun souvenir d’informations qu’il aurait pu transmettre à la CAQ en 2016.

« Au moment où je vous parle, je ne peux pas vous répondre », avait-il dit, en précisant que ces courriels ne lui disaient « absolument rien ».

EXPULSION 

François Legault
Photo Simon Clark
François Legault

Selon nos informations, M. Ouellette ne s’est jamais expliqué ensuite à ce sujet auprès du caucus libéral, qui l’a tout de même exclu peu après l’élection de 2018. 

Lundi, dans la tournée de promotion d’un livre qu’il vient de publier à propos de ses démêlés avec l’UPAC, M. Ouellette a soutenu à Radio-Canada n’avoir jamais collaboré avec la CAQ, alors que le premier ministre François Legault avait dit le contraire quelques heures plus tôt.