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Même pour 800 M$, c’est non

La transaction de 10,3 G$ aurait fait disparaître un siège social québécois

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 Louis Audet a dit non, mercredi, à une offre d’achat comme on n’en voit pas souvent : 800 millions $ pour les actions de sa famille dans le câblodistributeur Cogeco.

• À lire aussi: Pas question de déménager le siège social de COGECO en Ontario, dit Legault

La proposition d’Altice USA, de New York, et de Rogers Communications, de Toronto, attribue une impressionnante valeur de 500 $ pour chacune des actions de Cogeco détenues par la famille Audet.«Gestion Audem (le holding de la famille Audet) a déjà indiqué qu’il n’a pas l’intention de vendre ses actions et qu’il ne soutiendra pas la proposition», peut-on lire dans un communiqué publié par Cogeco.

« La famille Audet est déterminée à contrôler l’entreprise, à la laisser croître », affirmait Louis Audet en 2018.
Photo d’archives, Agence QMI
« La famille Audet est déterminée à contrôler l’entreprise, à la laisser croître », affirmait Louis Audet en 2018.

C’est presque cinq fois plus que le prix de 106,53 $ offert par Altice et Rogers pour chaque action détenue par les autres actionnaires de Cogeco. 

L’action de Cogeco a bondi de 17 % mercredi pour clôturer à 92,19 $, à la Bourse de Toronto.

Altice et Rogers offrent par ailleurs 134,22 $ pour chacune des actions de la filiale Cogeco Communications, de sorte que la valeur totale de la transaction proposée atteint 10,3 milliards $.

De cette somme, 4,8 milliards $ seraient déboursés par Altice, qui mettrait la main sur le réseau américain de Cogeco. Rogers mettrait la main sur les activités canadiennes de Cogeco, concentrées au Québec et en Ontario.

  • Écoutez Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio:

Grâce à des actions à droits de vote multiples comportant 20 votes chacune, la famille Audet contrôle Cogeco même si elle ne détient que 10 % du capital de l’entreprise.

Le holding de la famille Audet, Gestion Audem, a rapidement fait savoir mercredi qu’il « ne comptait pas vendre ses actions et n’appuiera pas la proposition ».

Aujourd’hui âgé de 68 ans, M. Audet a cédé le poste de PDG de Cogeco à Philippe Jetté en 2018, mais il demeure président exécutif du conseil de l’entreprise. Aucun autre membre de la famille ne fait partie de la haute direction.

« La famille Audet est déterminée à contrôler l’entreprise, à la laisser croître. C’est un engagement que je veux réitérer », a affirmé Louis Audet en 2018.     

  • ÉCOUTEZ la chronique de François Lambert avec Geneviève Pettersen à QUB radio:   

Rumeurs persistantes

Des rumeurs faisant état d’une vente de Cogeco à Rogers surgissent régulièrement. Il faut dire que le géant ontarien détient 41 % des actions subalternes de Cogeco et 33 % de celles de Cogeco Communications, une participation qui vaut 1,5 milliard de dollars.

Pour l’expert en finance Michel Nadeau, Cogeco a encore de beaux jours devant elle comme entreprise indépendante. 

« Je pense qu’ils sont encore capables de livrer beaucoup de choses », a-t-il confié.

L’incursion de Cogeco aux États-Unis, amorcée en 2012, connaît beaucoup plus de succès que celle, très coûteuse, effectuée au Portugal de 2006 à 2012.

La Caisse de dépôt a donné un coup de pouce à Cogeco en lui versant 315 millions $ US, en 2018, pour acquérir une participation de 21 % dans sa filiale américaine, Atlantic Broadband. L’institution aura donc son mot à dire sur l’offre d’Altice.

« Le joyau, c’est le réseau internet, a noté M. Nadeau. C’est pour ça que les câblodistributeurs demeurent intéressants malgré le déclin du câble traditionnel.»   

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec Sylvain Larocque, journaliste pour la Section Argent au Journal, avec Mario Dumont à QUB radio:   

Seulement la première ronde ?

Dans une note, l’analyste Adam Shine, de la Financière Banque Nationale, a toutefois estimé que le refus de la famille Audet n’est possiblement que la « première ronde » des tractations qui pourraient mener à une vente.

Le cas échéant, Québecor, société mère de Vidéotron et du Journal, serait mieux placée que Rogers pour acquérir le réseau québécois de Cogeco, selon Michel Nadeau.

Quant aux stations de radio de Cogeco, elles pourraient intéresser la firme montréalaise Stingray, a avancé M. Shine. 

COGECO EN BREF  

  • 3150 employés au Canada     
  • Revenus 2,4 milliards $  
  • Profits nets 444 millions $  
  • Régions Québec, Ontario, Connecticut, Delaware, Floride, Maine, Maryland, New Hampshire, État de New York, Pennsylvanie, Caroline du Sud, Virginie, Virginie-Occidentale, Massachusetts.