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Toujours Charlie

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Photo AFP

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C’est aujourd’hui que s’ouvre à Paris le procès des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015.

Et que fait Charlie Hebdo, en ce jour de procès historique ? Le journal satirique republie les caricatures de Mahomet qui avaient mis le feu aux poudres et excité les djihadistes.

Si vous pensez que c’est de la provocation, si vous dites : « Ils ont couru après », alors vous êtes de ces gens qui disent à une fille violée : « Elle a couru après en portant une minijupe. Elle n’aurait pas dû exciter les prédateurs sexuels ».

Quand un fou commet un crime, on dénonce le criminel, pas la victime.

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  • Écoutez la chronique de Sophie Durocher à l'émission de Pierre Nantel à QUB radio:  

JE ME SOUVIENS

Après les attentats, des manifestations monstres le 11 janvier 2015 avaient rassemblé plus de quatre millions de Français.

Avec mon mari, nous étions à Paris pour couvrir les événements pour Le Journal. Nous avons marché dans les rues de Paris avec des gens de toutes origines, de toutes confessions, de toutes orientations politiques, de toutes origines sociales.

Des gens qui pleuraient en chantant La Marseillaise, en scandant « liberté, égalité, fraternité » et en tenant des affiches « Je suis Charlie ».

Mais tous ceux qui étaient Charlie en janvier 2015, pourquoi le seraient-ils moins en septembre 2020 ?

Riss, le directeur de l’hebdomadaire satirique, qui a perdu ses amis dans l’attentat de Charlie Hebdo qui a fait 11 morts, a écrit dans le numéro d’aujourd’hui : « La haine qui nous a frappés est toujours là et, depuis 2015, elle a pris le temps de muer, de changer d’aspect pour passer inaperçue et poursuivre sans bruit sa croisade impitoyable ».

Et il a ajouté : « Nous ne nous coucherons jamais. Nous ne renoncerons jamais ».

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Djemila Benhabib, politologue écrivaine, avec Sophie Durocher à QUB radio:

Vous vous souvenez de Zineb El Rhazoui, cette journaliste de Charlie Hebdo qui avait échappé aux attentats et qui était venue à Montréal pour raconter son histoire et, surtout, pour continuer à nous sensibiliser à la montée de l’intégrisme ? Elle a déclaré au Figaro, hier : « Est-il normal que, cinq ans après cet attentat, je doive continuer à me balader avec des hommes armés en plein cœur de Paris, alors que je suis pacifique ? ».

Selon un sondage Ifop pour Charlie Hebdo, publié hier, « 92 % de la population française condamnent les auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo ».

Mais vous savez ce qui me déprime ? « La proportion de personnes condamnant cet attentat est moindre chez les jeunes : le pourcentage de jeunes de 15 à 17 ans le condamnant est de 67 %. » Comment expliquer ça ?

Le directeur du sondage a déclaré à Radio France : « Les jeunes, en général, “se distinguent du reste de la population” en adoptant une position plus “anglo-saxonne”, dans laquelle il faut voir l’influence des discours de “respect” et de “tolérance” à l’égard des autres qui se traduit chez les jeunes par une opposition de principe à tout contenu potentiellement offensant pour des minorités perçues comme “dominées” ».

SŒUR SOURIRE

Hier sur Twitter, la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, a retweeté la une de Charlie Hebdo avec les caricatures de Mahomet en ajoutant : « Je suis Charlie » avec une fleur.

J’aimerais bien voir la mairesse de Montréal avoir la même audace.