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Une retraite qui coûtera plus cher aux jeunes

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Voilà peut-être de quoi alimenter l’amertume qui empoisonne de plus en plus les relations entre générations, je m’en excuse : les jeunes devront payer davantage que les boomers pour préparer financièrement leurs vieux jours.

Je ne fais même pas référence à ces clauses de droits acquis qui protègent les anciens aux dépens des nouveaux travailleurs ou des régimes de retraite à prestations déterminées qui reculent plus vite que les glaciers du Grand Nord.

Je parle de la pension de vieillesse du fédéral !

Comment est-ce possible ?

Une PSV qui rétrécit constamment

La pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV), un pilier de notre système de retraite, s’érode d’année en année du seul fait qu’elle n’est pas indexée par rapport aux salaires, mais en fonction de l’indice des prix à la consommation.

C’est un fait connu et documenté, il s’agit du principal argument derrière les revendications de hausser les pensions formulées par le Bloc québécois.

Les salaires progressent plus vite que le coût de la vie. Normal, on ne veut pas seulement protéger son pouvoir d’achat, mais l’améliorer à mesure qu’on avance dans sa carrière. C’est ce qui fait qu’on ne roule pas en Toyota Yaris toute sa vie...

L’inflation tourne autour de 1,8 %, 2,0 % par année, les salaires s’apprécient de 2,8 % à 3 %. Malgré les apparences, l’écart est important.

En ne suivant pas le rythme de progression des salaires, la valeur de la PSV diminue d’année en année pour les nouveaux retraités. À la retraite, elle remplace actuellement l’équivalent de moins de 15 % du salaire moyen. Ç’a déjà frôlé 20 % dans le passé. Pour les jeunes de 25 ans actuels, la PSV correspondra à un peu plus de 8 % de leur rémunération de vie active.

Moins la PSV prend de la place, plus on doit trouver des revenus ailleurs si on veut maintenir un certain niveau de vie à la retraite.

Le Régime de rentes du Québec (comme son équivalent canadien, le Régime de pensions du Canada) a été amélioré ces dernières années. 

Le RRQ à la rescousse

Les bonifications ne se refléteront pas totalement dans les rentes avant quelques décennies toutefois, quand les nouveaux travailleurs actuels prendront leur retraite.

À ce moment-là, le RRQ remplacera non plus 25 % du salaire de la vie active, comme c’est le cas actuellement, mais 33 %. Aussi, le plafond du salaire sur lequel est calculée la rente sera haussé de 14 % (de 55 200 $ à 63 000 $, en chiffres de 2020).

Bien qu’elle n’ait pas été apportée précisément dans ce but, la réforme compensera l’érosion du programme de la Sécurité de la vieillesse.

Il faut toutefois signaler un détail important : le RRQ est financé par les participants grâce aux cotisations prélevées sur leurs paies, contrairement à la PSV qui repose sur l’effort de tous les contribuables, donc sur une forme de solidarité intergénérationnelle.

En fin de compte, les jeunes doivent cotiser davantage au RRQ pour remédier d’une certaine manière à une rente fédérale qui s’affaiblit...

À savoir   

  • La rente du RRQ est établie en fonction des cotisations, établies en fonction du salaire. Les prestations suivent donc l’évolution des salaires.    
  • Une fois qu’on a commencé à percevoir la rente, toutefois, elle est indexée au niveau de l’inflation.