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Fausses pubs: les identités des vedettes usurpées

Des fraudeurs utilisent l’image de personnalités publiques pour vendre des produits louches sur le web

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Des personnalités connues des Québécois, qui se sont retrouvées bien malgré elles au cœur de publicités mensongères sur internet, mettent en garde contre des fraudeurs qui usurpent leur identité pour vendre des produits louches.

• À lire aussi: L'identité de Denis Coderre volée dans une publicité mensongère: «C'est de la fraude et de la supercherie»

«J’ai beau signaler la publicité, il y en a d’autres qui apparaissent. Hier, je vendais des smoothies amaigrissants. Demain, ça sera quoi ?» lance l’humoriste Phil Roy. 

Dans les derniers jours, des publicités mettant en vedette Phil Roy, l’ancien maire de Montréal Denis Coderre, l’acteur Michel Charette, le docteur Alain Vadeboncoeur et l’animatrice Véronique Cloutier ont fait leur apparition sur le web pour vendre des produits de façon illégitime.

Phil Roy, le Dr Alain Vadeboncoeur et François Lambert sont associés contre leur gré à de fausses publicités et à des arnaques.
Captures d’écran tirées de Facebook, Twitter et Instagram
Phil Roy, le Dr Alain Vadeboncoeur et François Lambert sont associés contre leur gré à de fausses publicités et à des arnaques.

Le problème, c’est que ces personnalités n’ont jamais donné leur accord et que leurs témoignages sont inventés de toutes pièces.

Le porte-parole de l’Office de la protection du consommateur Charles Tanguay rappelle que les produits miracles pour perdre du poids n’existent pas. Il invite également les gens à toujours payer avec une carte de crédit sur internet afin d’obtenir un remboursement en cas de fraude.

Michel Charette et Véronique Cloutier sont également associés contre leur gré à de fausses publicités et à des arnaques.
Captures d’écran tirées de Facebook et du site veroniquecloutier.com
Michel Charette et Véronique Cloutier sont également associés contre leur gré à de fausses publicités et à des arnaques.

«Ça me fait de la peine que des gens dépensent de l’argent en espérant perdre du poids, et se font finalement frauder. Je trouve ça déplorable. Tout pour faire de l’argent sur le dos du monde», souffle Michel Charette.   

Aucun contrôle

En plus d’être associées contre leur gré à des produits louches, ces personnalités ont peu de moyens pour dénoncer les arnaqueurs.

«On ne peut pas retracer les auteurs de cette fraude, s’est désolé Denis Coderre en entrevue à QUB radio. C’est tellement tentaculaire que la seule façon de se protéger, c’est de le dire aux gens.»        

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Denis Coderre à l'émission de Geneviève Pettersen à QUB radio:   

Capture d'écran - Bibliothèque publicitaire Facebook

Le Dr Vadeboncoeur, associé à des barres cétogènes, et Véronique Cloutier, liée à des produits cosmétiques, ont utilisé leurs réseaux sociaux pour dénoncer l’escroquerie qui circule en leur nom.

Le 26 août, l’homme d’affaires François Lambert dénonçait au Journal des malfaiteurs qui ont utilisé son identité pour soutirer de l’argent à des gens. 

  • Écoutez l'entrevue du médecin Richard Béliveau avec Benoit Dutrizac à QUB Radio:  

L’ex-Dragon en a marre de cogner aux portes des postes de police puisque les démarches «ne mènent à rien».  

«J’ai autre chose à faire que défendre ma réputation pour quelque chose que je n’ai pas fait et que je n’accepte pas. Je n’ai aucun contrôle. C’est ça qui est le plus choquant», déplore-t-il.    

  • ÉCOUTEZ la chronique de Sophie Durocher avec Pierre Nantel à QUB radio:   

Des lois pas adaptées au web

Selon l’avocat Jean-Philippe Caron, du cabinet Calex, le droit est peu adapté aux réalités d’internet.

«Une grande mise à jour des lois est nécessaire pour les adapter aux nouvelles technologies, notamment les réseaux sociaux comme Facebook. Lorsqu’ils diffusent du contenu illicite et que ce contenu leur a été signalé, comme c’est le cas ici avec les publicités mensongères, ils doivent être tenus responsables des dommages que peuvent subir des tiers», croit-il.  

  • Écoutez Félix Séguin, journaliste au Bureau d’enquête de Québecor, sur QUB radio:    


Sur des publications mensongères, il y a des logos de médias, comme celui du Journal de Montréal. Le quotidien se dissocie de ces fausses publicités et va prendre les moyens pour qu’elles cessent, a précisé l’éditrice et présidente du Journal, Lyne Robitaille.