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Bonne chance, M. Martel !

POlitique federal Richard Martel elu
Photo d'archives, Agence QMI Richard Martel

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La nomination de Richard Martel au poste de lieutenant politique conservateur au Québec laisse perplexe.

Donnons la chance au coureur, mais l’ancien bouillant entraîneur de hockey ne s’est pas particulièrement démarqué depuis qu’il a fait le saut en politique fédérale en 2018.

Il aura la lourde tâche de remplacer Alain Rayes, l’ex-maire de Victoriaville qui a tranquillement gravi les échelons au sein du parti depuis 2015. 

Le Parti conservateur ne peut pas compter sur une importante pépinière de talents québécois.  

Le parti d’Erin O’Toole a peu de racines au Québec, où son membership est famélique.  

M. Rayes n’est pas le plus flamboyant. Il n’a pas la verve de Gérard Deltell ni la notoriété publique de Richard Martel. 

Surtout dans l’est du Québec, où sont situées les terres les plus fertiles du parti. 

  • Gérard Deltell, nouveau leader parlementaire de l’opposition officielle à Ottawa, commente les récentes nominations au Parti conservateur:

Mais M. Rayes compense par son travail acharné, son ton mesuré et sa très grande disponibilité pour les médias.   

Il a appris au fil du temps à défendre avec aplomb les positions du parti sur toutes les tribunes. 

Renvoi d’ascenseur

Alors pourquoi Richard Martel ?  

Parce qu’il est le seul député québécois à avoir appuyé le nouveau chef Erin O’Toole lors de la course à la direction du parti.  

Cette nomination est l’exemple patent d’un renvoi d’ascenseur.  

La loyauté avant la compétence.

Un drôle de choix, compte tenu du fait que des élections se profilent à l’horizon. À moins que M. O’Toole n’en veuille pas avant longtemps.   

M. Martel devra rapidement se familiariser avec un large éventail de dossiers et dénicher des candidats. Une tâche colossale.  

Le parti cultive de grands espoirs au Québec. Grâce à ses connexions dans le monde municipal, Alain Rayes avait réussi à attirer en 2019 une impressionnante brochette de candidats bien implantés dans leur milieu.  

Mais la campagne conservatrice s’est complètement effondrée au Québec après la performance désastreuse d’Andrew Scheer au Face-à-face de TVA.  

M. Rayes méritait une deuxième chance avec un chef plus crédible et modéré comme Erin O’Toole. 

En bon tacticien, M. O’Toole promet une place de choix à M. Rayes dans son équipe.  

Il fait aussi prendre du galon à Gérard Deltell, le plus connu de ses députés québécois.  

Nommé leader parlementaire, l’ex-adéquiste sera responsable de négocier avec les autres partis l’agenda législatif à la Chambre des communes.  

Il aura comme vis-à-vis chez les libéraux le Montréalais Pablo Rodriguez et Alain Therrien au Bloc québécois, trois hommes au tempérament sanguin. 

Difficile à vendre

Défendre les positions conservatrices au Québec exige tact et nuance.  

Un sondage publié cette semaine rappelait encore une fois que l’orientation du parti en matière de développement des ressources naturelles lui nuit ici.  

Pour les conservateurs, le fédéral demeure l’autorité suprême en matière de pipelines, n’en déplaise aux provinces. 

La position du parti sur les armes à feu est, elle aussi, plus difficile à vendre chez nous qu’à certains endroits.

Or, pour un échange de faveurs, Erin O’Toole vient de se débarrasser de son meilleur porte-parole, et de l’organisateur conservateur québécois le plus efficace depuis des décennies.