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Cogeco: Rogers encore une fois dans le portrait

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Vingt ans après avoir tenté de mettre la main sur Vidéotron, Rogers Communications revient à la charge pour prendre le contrôle d’un câblodistributeur québécois, cette fois-ci, Cogeco.

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L’offre hostile pour Cogeco en a surpris plus d’un, dont Jean Laporte, qui a été président de Rogers pour l’Est du Canada de 2002 à 2009.

Le célèbre fondateur du poids lourd ontarien, Ted Rogers, « affirmait qu’il ne ferait jamais d’offre hostile pour une entreprise familiale », raconte M. Laporte.

« Parce qu’il ne voulait pas se le faire faire, il ne le faisait pas à d’autres, ajoute-t-il. Mais en même temps, il achetait des actions de Cogeco. Il disait : “Si quelqu’un l’achète, ça va être nous autres”. »

Cogeco a été fondée en 1957, et Rogers en 1960. Les deux entreprises sont contrôlées par des actions à droits de vote multiples détenues par les familles des fondateurs.

Jean Laporte comprend parfaitement que Louis Audet, le fils du fondateur de Cogeco, Henri Audet, refuse net de vendre l’entreprise même s’il est âgé de 68 ans.

« Pour ces entrepreneurs-là, il n’y a pas de fin, relate M. Laporte. C’est toujours un petit peu plus, comment je peux améliorer le tout. Ce n’est pas une question d’âge pour M. Audet. C’est plus la question de savoir où il voit l’entreprise dans cinq ou 10 ans. »

Vidéotron et Fido

Rappelons qu’en 2000, la famille Chagnon avait accepté une offre de 5,6 milliards $ pour Vidéotron de la part de Rogers. Québecor et la Caisse de dépôt ont ensuite convaincu les Chagnon de faire la transaction avec eux plutôt qu’avec Rogers.

Quatre ans plus tard, Rogers mettra la main sur l’entreprise québécoise Microcell, qui détenait la marque de téléphonie cellulaire Fido, pour 1,4 milliard $.

« Il y avait 650 employés chez Fido [au Québec] et après la transaction, ils ont [Rogers] mis tout le monde dehors », rappelle Michel Nadeau, qui faisait partie de la haute direction de la Caisse au moment de l’acquisition de Vidéotron par Québecor.