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De la parole aux résultats

François Legault
Photo d’archives Les gouvernements de la planète tentent de planifier la relance de l’économie. Nous saurons dans quelques mois si la CAQ, comme le PLQ, méritera l’étiquette de parti de l’économie.

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En 2018, François Legault a proclamé que son parti était celui de l’économie.

L’homme d’affaires avait toutes les cartes en main, dont une équipe économique forte, un profil économique datant de son ancienne vie, et surtout, une économie au plus fort de sa croissance et des finances publiques léguées par ses prédécesseurs lui permettant d’agir où il le souhaitait.

Potentiel n’égale pas résultat

Au hockey, les contrats sont signés sur la base de deux grands critères : le potentiel et les résultats. Un joueur peut mesurer sa valeur à la lumière de ses premiers résultats et du potentiel perçu pour les années futures.

La démonstration n’est pas encore faite que la CAQ est le parti de l’économie. Avant d’accoler une épithète de ce genre, il faut avoir fait la démonstration que les initiatives mises en place ont donné des résultats observables et quantifiables.

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Ceux qui ont un bilan peuvent le revendiquer

Péquistes et libéraux ont livré la marchandise sur le plan économique à diverses époques. 

Le premier ministre Bernard Landry a quitté ses fonctions en 2003 en léguant une économie québécoise en santé. Il avait notamment, à la fin des années 1990, mis en place les conditions favorables pour permettre à la française Ubisoft de s’installer à Montréal, et depuis, le secteur du jeu vidéo constitue l’une des forces du Québec.

Le premier ministre Jean Charest a contribué à protéger le Québec des impacts de la crise financière de 2008 en plus de lancer de grands projets économiques.

Le premier ministre Philippe Couillard a contribué à faire du Québec l’une des économies les plus puissantes au Canada. Lorsqu’il a quitté ses fonctions, le Québec était au plein emploi, des secteurs porteurs comme l’intelligence artificielle et le manufacturier innovant étaient développés, et d’autres comme l’hydrogène pointaient à l’horizon. 

Bien que le gouvernement caquiste a proposé des initiatives intéressantes, dont une réforme d’Investissement Québec, on ne peut pas encore cibler des réalisations importantes qui ont transformé la situation économique du Québec pré-COVID.

Du marketing aux résultats

Le discours économique de la CAQ est très efficace. Personne ne peut être contre la vertu de vouloir acheter et produire au Québec. La COVID-19 force les gouvernements à réfléchir aux nouvelles façons de commercer, car la rupture des chaînes d’approvisionnement au niveau international est l’une des conséquences de la pandémie.

Dans ce mouvement protectionniste, le gouvernement pourrait notamment faciliter de manière juste et équitable l’accès des entreprises québécoises aux chaînes d’approvisionnement gouvernementales. 

N’oublions jamais qu’un pourcentage élevé de notre PIB est dirigé vers l’exportation. Des milliers d’emplois dépendent de notre capacité à transiger avec le monde. Le gouvernement devra être équilibré dans son approche parce qu’il y a une limite à ce que le Québec peut produire localement tout en demeurant compétitif sans endommager ses relations avec les partenaires qui contribuent aux succès de nos entreprises.