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Nemaska Lithium plusieurs fois dénoncée à l’AMF

Le chien de garde des marchés financiers refuse de dire si l’entreprise québécoise fait l’objet d’une enquête

Les installations de transformation de Nemaska Lithium, à Shawinigan. Elles ne sont présentement pas en activité.
Photo courtoisie Les installations de transformation de Nemaska Lithium, à Shawinigan. Elles ne sont présentement pas en activité.

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La minière Nemaska Lithium, dans laquelle Québec prévoit investir jusqu’à 300 millions de dollars, fait l’objet de cinq dénonciations à l’Autorité des marchés financiers (AMF), a appris Le Journal.

« L’Autorité des marchés financiers a reçu jusqu’ici cinq dénonciations pour Nemaska », a confirmé au Journal son porte-parole Sylvain Théberge, mercredi, par courriel.

À la mi-août, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a qualifié le premier montage financier de Nemaska Lithium de « patente à gosses ».

Pour le ministre, la première version du projet de Nemaska Lithium était une « patente à gosses » parce que certains actionnaires comme SoftBank ou Orion pouvaient acheter de la production « à escompte ».

Quelques jours plus tard, Investissement Québec (IQ) et son partenaire Pallinghurst ont annoncé qu’ils prévoyaient investir jusqu’à 300 millions de dollars chacun pour relancer ce projet stratégique pour la filière industrielle québécoise de production de batteries de véhicules électriques. 

Objet d’une enquête ?

Or, Le Journal a appris hier que Nemaska Lithium a fait l’objet de cinq dénonciations à l’Autorité des marchés financiers. 

À l’AMF, une « dénonciation » est généralement liée à une infraction à la loi, au code de déontologie ou à une mauvaise pratique commerciale.

Impossible cependant de savoir si Nemaska Lithium fait l’objet d’une enquête du chien de garde québécois des marchés financiers.

« Comme c’est toujours le cas pour ce genre de question, l’Autorité des marchés financiers n’infirme ou ne confirme aucune information en lien avec ses dossiers d’enquête », s’est limité à dire à ce sujet son directeur des relations médias, Sylvain Théberge.

« Ça sent bizarre »

Hier, les petits actionnaires de Nemaska Lithium à qui Le Journal a parlé n’étaient pas au courant de ces dénonciations à l’AMF.

« Ça sent bizarre, a confié Denis Carrier, qui fait partie des petits actionnaires. J’ai perdu des centaines de milliers d’actions là-dedans. Les gens qui ont été dans ce projet-là pendant 10 ans se sont fait tasser du processus. »

Joint par Le Journal, Alain Clavet, président du Regroupement des actionnaires de Nemaska (RAN), n’a pas semblé surpris d’entendre les mots « Nemaska Lithium » et « AMF » dans la même phrase.

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Incompréhension

Le porte-parole du groupe d’actionnaires, qui préparent une action collective, ne comprend toujours pas pourquoi Québec a dénigré publiquement le projet, pour ensuite investir des centaines de millions de dollars d’argent public.

« À la lumière des propos du ministre Fitzgibbon, on se demande s’il y a des investisseurs institutionnels qui savaient des choses que les investisseurs individuels ne savaient pas » s’est-il demandé à voix haute.