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Ouellette se défend d’avoir voulu faire du financement sectoriel

Le député indépendant était à l’Assemblée nationale pour lancer son récent livre

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Le député Guy Ouellette se défend d’avoir voulu faire du financement sectoriel malgré un courriel dans lequel il réclamait la présence de l’ex-ministre libéral des Transports Julie Boulet pour «doubler» ses objectifs de financement auprès de «firmes d’ingénieurs». 

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M. Ouellette a répondu aux journalistes parlementaires jeudi à l’occasion d’un point de presse qu’il avait convoqué pour faire la promotion de son plus récent livre, qui porte sur son arrestation en 2017 par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Dans le document, M. Ouellette règle ses comptes avec l’ex-commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière. Il revient également sur sa première rencontre avec deux de ses enquêteurs, lors de deux interrogatoires survenus en 2014.

Leurs questions portaient sur un courriel de 2007, saisi lors d’une perquisition au Parti libéral du Québec par l’UPAC, où il réclamait à la directrice du financement la présence de Mme Boulet.

«La présence de Mme Boulet en plus des deux ministres déjà annoncés pourrait faire doubler mon objectif de financement, principalement au sein des firmes d’ingénieurs qui seraient plus réceptives à discuter avec Mme Boulet», écrivait-il à Violette Trépanier, alors directrice du financement du PLQ.

Convoqué une première fois, le député de Chomedey avait été incapable d’expliquer aux policiers pourquoi il avait fait cette demande. Lors d’une deuxième rencontre avec les enquêteurs, il avait attribué cette demande à un militant, Paul Vaillancourt, qui la lui aurait suggérée, même si le nom de ce dernier n’apparaît pas dans le courriel.

  • ÉCOUTEZ l'analyse d'Antoine Robitaille et Alexandre Robillard du Bureau d'enquête, à QUB radio    

Pas d'interprétation

Lors de son point de presse, jeudi, M. Ouellette a refusé de dire si son courriel correspondait à la définition du financement sectoriel, une pratique illégale qui repose par la sollicitation de contribution auprès d’entreprises.

«Je n’interpréterai pas ce que j’ai écrit, a-t-il dit. Je n’ai que rapporté des paroles qui ont été dites par une personne que j’ai rencontrée à la demande du parti.»

Dans son livre, M. Ouellette démontre que cette première expérience avec des enquêteurs de l’UPAC avait été désagréable.

«De façon agressive, Vadeboncoeur insiste sur la présence suggérée de la ministre Boulet.»

Selon M. Ouellette, l’enquêteur Michel Vadeboncoeur l’a insulté et a tenté de le déstabiliser, notamment en le comparant à l’ex-policier Benoit Roberge, condamné pour avoir transmis des informations aux motards criminalisés.

Objectivité

Malgré cette première rencontre musclée, M. Ouellette assure qu’il n’a jamais manqué de sérénité lorsqu’il a, au cours des quatre années suivantes, participé à des travaux parlementaires où une reddition de comptes étaient exigées de la part de l’UPAC et de M. Lafrenière.

«J’ai toujours exercé mes fonctions de président de commission parlementaire avec objectivité, rigueur et intégrité, a-t-il dit jeudi. Je ne me suis jamais senti en conflit d’intérêt, je n’ai jamais ressenti quelque doute que ce soit relativement à mes fonctions parlementaires.»

Source

Par ailleurs, M. Ouellette a répété qu’il n’était pas une source de la Coalition avenir Québec, même si des révélations de notre Bureau d’enquête à ce sujet ont été suivies par son expulsion du caucus libéral, peu après l’élection de 2018.

«Je n’ai rien à me reprocher», a-t-il dit jeudi.

Cette semaine, le premier ministre François Legault a répété que M. Ouellette avait donné des documents qui ont permis à sa formation d’embarrasser les libéraux en 2016.

Indépendant

Député indépendant depuis bientôt deux ans, M. Ouellette a toujours l’intention d’être candidat en 2022.

«Je ne suis pas à me poser la question pour quel parti, ou est-ce que je devrais aller dans un parti ou pas», a-t-il expliqué.

Plus tôt, la chef du PLQ Dominique Anglade, que M. Ouellette qualifie d’opportuniste dans son livre, s’est bornée à dire qu’il demeurait exclu de son caucus.

«Aucune position n'a changé par rapport à ça», a-t-elle dit. 

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