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À la défense de Valérie Plante

La mairesse de Montréal, Valérie Plante
Photo Agence QMI, Joël Lemay La mairesse de Montréal, Valérie Plante

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Je sais, ces temps-ci, la mode est à la critique de la ville de Montréal et surtout de sa mairesse, Valérie Plante.

À l’aube de sa quatrième année avec les clés de la mairie, à un an de sa prochaine campagne électorale, tous chantent en cœur: la mairesse est déconnectée!

Les commentateurs de l’espace public portent à peu près tous le même discours: pris entre les chantiers, les voies cyclables et les rues barrées, Montréal n’est plus vivable, un réel enfer sur terre, pire que Kaboul en temps de guerre...

Il y a quelque chose qui cloche, d’exagéré, entre ce consensus médiatique et ce que ressent le Montréalais moyen.

En fait, je ne peux pas m’empêcher d’y voir les vues d’une certaine bulle politico-médiatique, incapable de ressentir l’état d’esprit des Montréalais.

Une sorte de déconnexion médiatique du réel...

Mais, je reviens à l’état d’esprit du Montréalais moyen: un père ou une mère de famille, salaire annuel de 50 000$, devenu propriétaire de peine et de misère dans un quartier comme Rosemont, Villeray ou Le Plateau, propriétaire d’une voiture dans son ménage et se déplaçant à la fois en auto, en métro et en vélo.

Je me demande si ce portrait-robot du «Montréalais moyen» est aussi outré que les commentateurs de la direction que prend sa ville récemment...

La réponse: je ne le crois pas.

Je crois même l’inverse: il en est satisfait.

L’aménagement récent de la ville de Montréal – par des voies cyclables et son projet Réseau express métropolitain (REV) – lui permet de faciliter ses déplacements et, surtout, de les sécuriser.

Essentiellement, comme citoyen, cela lui permet d’avoir un choix encore plus diversifié entre la voiture, le métro, la bicyclette et la marche.

Projet Montréal

À lire et à écouter les critiques adressées envers Valérie Plante et Projet Montréal depuis quelques mois, l’impression que cela nous laisse, c’est que le parti est encore un objet inconnu dans l’espace politique, une sorte de virus qui vient d’apparaître sur le radar.

Or, Projet Montréal existe depuis 2004.

Depuis sa création, sur toutes les tribunes, de Richard Bergeron à Luc Ferrandez jusqu’à Valérie Plante, ils ont tous parlé, un après l’autre, de mobilité active, de métro, d’autobus, de vélo, de souliers, de bottes, de poussettes, name it...

On connaît leurs marottes, on sait ce qui les anime, ce qu’ils pensent du développement de la ville, et ce en quoi ils croient, et ne croient pas.

Et puis après tout, les Montréalais, à la dernière élection municipale de 2017, ont décidé, en toute connaissance de cause, de faire confiance à cette formation pour qu’elle mette en œuvre ses dadas politiques.

Pandémie

Puis la pandémie est arrivée. Les Montréalais étaient encabanés, en télétravail ou au chômage.

Résultat: la ville s’est désertée, les automobilistes ont laissé leur voiture dans leur stationnement et les heures de pointe étaient momentanément une relique du passé.

L’administration y a vu là une opportunité dans la crise: celle de construire des kilomètres de pistes cyclables et de voies sanitaires pour améliorer la mobilité dans la ville.

Deux questions se posent donc...

Si ce n’est pas maintenant, quand est-ce que viendra le temps d’améliorer la mobilité mixte et active à Montréal?

La réponse: probablement jamais.

Et ensuite, il y a quelques semaines à peine, tous – enfin presque – espéraient profiter de la pandémie pour une relance économique plus verte.

Pourquoi alors ce même raisonnement ne fonctionnerait-il pas pour l’aménagement de la ville? N’est-ce pas la même logique?

Ville imparfaite

Mon but, ici, n’est pas d’être le défenseur de l’administration Plante ou de dire que Montréal est devenu un paradis sur terre, loin de là.

Comme vous, Montréal et son administration me fatiguent parfois.

Les demi-vérités sur les consultations des commerçants, la volonté de toujours être dans la vertu sur des dossiers comme l’écriture épicène, le peu d’intérêt pour la protection de la langue française et les multiples chantiers à la logique incompréhensible sont des cailloux dans le pied de la ville.

Montréal demeure imparfaite, parfois décourageante, souvent frustrante, mais Montréal prend une direction sensée et logique pour le futur.

Une direction qui, surtout, améliore la vie des Montréalais en général.

Peut-être pas celle des Terrebonniens, des Gatinois ou des Lévisiens en visite à Montréal.

Mais celle des Montréalais, elle, j’en suis persuadé.