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Amazonie: Greenpeace s’inquiète d’un accord Canada-Brésil

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L’organisme environnemental Greenpeace s’inquiète des démarches du Canada pour s’engager dans un accord de libre-échange avec le Brésil qui contribuerait à la destruction de la forêt amazonienne. 

« Cet accord est un non-sens, c’est contraire à la direction qu’on doit prendre. On demande que le Canada abandonne ses discussions, en raison des manquements au Brésil au niveau environnemental, humain et de non-respect des droits autochtones », a fait valoir Olivier Kölmel, chargé de campagne pour Greenpeace.

L’importance des feux dans l’Amazonie avait suscité un tollé à l’international l’an dernier, puisqu’ils étaient notamment dus à la déforestation illégale pour l’agriculture et l’élevage animal. 

Or, le quotidien The Guardian révélait, cette semaine, qu’on assiste tristement à la répétition de ce scénario cette année, alors qu’on a de nouveau détecté près de 30 000 incendies. 

« Bolsonaro [le président du Brésil] avait promis d’agir, mais il n’y a rien qui est réellement fait pour contrer la destruction de la biodiversité. Ce sont des paroles en l’air. La situation s’empire », affirme M. Kolmel. 

Canada complice 

Un rapport de la Confédération brésilienne de l’agriculture et de l’élevage de juillet dernier a estimé qu’un accord de libre-échange viendrait contribuer significativement aux exportations de viande du Brésil vers le Canada, avec une augmentation des revenus de 1,7 milliard de dollars US dans ce secteur. 

Les impacts environnementaux d’une telle importation seraient toutefois considérables.

« L’élevage bovin est le principal facteur des incendies en Amazonie », indique Olivier Kölmel, ajoutant que le gouvernement canadien en deviendrait « complice ».

Il est aussi difficile de connaître la provenance de la viande du Brésil, alors qu’il existe un stratagème de « blanchiment du bétail ».

« Il existe du commerce illégal, où des compagnies qui ont élevé leur bétail sur des terres qui ont été défrichées illégalement vont fournir les animaux à des entreprises enregistrées. Ça vient donc impossible à retracer », illustre M. Kölmel.

Greenpeace va donc interpeller, samedi, le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, pour qu’il mette un terme à l’accord de libre-échange entre le Canada et le bloc commercial sud-américain Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay).

« [Le gouvernement] a affirmé que l’accord Canada-Mercosur aurait des critères environnementaux “ambitieux, complets et applicables”. Difficiles à imaginer, étant donné ce qui se passe au Brésil. »