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Des nouvelles du Sud

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Trois élections doivent avoir lieu d’ici la fin de l’année au sud de notre frontière québécoise.

En Bolivie, les élections générales doivent se tenir officiellement le 18 octobre, après de nombreux reports.

Aux États-Unis, le 3 novembre, le président Trump cherchera à se faire élire pour un second et ultime mandat.

Et en décembre, le Venezuela renouvellera son Assemblée nationale dans un processus électoral que la droite et la Maison-Blanche semblent déjà vouloir contester.

En Bolivie, j’en ai déjà parlé, la situation semble chaotique. D’abord prévues pour le 3 mai, les élections ont ensuite été reportées au 6 septembre pour finalement se tenir le 18 octobre, «en raison de la hausse du nombre de cas de coronavirus dans le pays». 

S’il est vrai que la situation engendrée par la COVID-19 est catastrophique, avec plus de 64 000 cas confirmés (en juillet dernier, la présidente de facto Jeanine Añez avait confirmé être elle-même atteinte), on peut facilement imaginer que les autorités putschistes fassent tout leur possible pour retarder ce rendez-vous électoral, car les derniers sondages donnent gagnant le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), Luis Arce, et cela dès le premier tour. 

Une des premières mesures du nouveau gouvernement du MAS serait sans doute de casser l’acte d’accusation qui pèse sur l’ex-président Evo Morales, actuellement exilé en Argentine, afin qu’il puisse rentrer au pays en toute légitimité. 

Rien n’est joué cependant, et les forces de droite utilisent tout leur arsenal pour discréditer le candidat du MAS et diviser l’alliance des travailleurs, des paysans et des Premières Nations.

Les élections législatives de décembre prochain au Venezuela ont quelque chose à voir avec celles des États-Unis. 

Au Venezuela, le président Maduro avance habilement ses pions en vue de remporter ces importantes élections législatives. Récemment, il a libéré une centaine d’opposants accusés d’actes violents contre des personnes et des biens de l’État. Cette mesure d’apaisement a été bien vue par le Conseil européen, un important acteur sur la scène internationale.

Par ailleurs, la droite demeure fortement divisée, ce qui provoque la panique dans le camp du président autoproclamé Juan Guaidó, triste marionnette des États-Unis. 

Alors, ne pouvant ni moralement ni politiquement faire l’unité parmi l’opposition, Guaidó appelle maintenant au boycottage des élections. Washington et les gouvernements à ses ordres affirment d’ores et déjà qu’ils n’accepteront pas le verdict des urnes, parce que les élections ne se dérouleront pas dans un climat propice à la réflexion. Le comble!

Est-ce qu’on parle ici du climat délétère qu’ils ont eux-mêmes créé, avec le blocus économique et financier dont est victime le Venezuela, la saisie de ses biens à l’étranger pour une valeur de dizaines de milliards de dollars, la démonisation du gouvernement bolivarien depuis 20 ans, la prime sur la tête du président Maduro et des principaux dirigeants du pays, «morts ou vifs», les nombreuses agressions et tentatives d’invasion mercenaires provenant de la Colombie, où l’empire a installé pas moins de sept bases militaires?

J’en viens à la situation américaine. Tous les sondages sont défavorables à Trump. Peu nous importe les raisons, ça ne respire pas la joie dans le camp républicain. Trump n’apparaît plus comme un bon commandant en chef. 

Sa partie de bras de fer avec la Chine ne mène nulle part, ni avec la Russie d’ailleurs. Il s’est mis à dos l’Union européenne et l’OTAN, il s’est retiré sans grâce et sans honneur de plusieurs organismes internationaux prestigieux. Les États-Unis ont perdu leur vernis, leur prestige d’antan, leur position de leader.

En Amérique, ils ne comptent que des appuis honteux, comme ceux du Brésil et de la Colombie, ou mineurs comme celui du Canada, entre autres.

Alors, pourquoi pas une bonne petite guerre locale, par l’intermédiaire de la Colombie, pour mater une fois pour toutes un pays récalcitrant comme le Venezuela? 

Une invasion depuis la Colombie, bien organisée cette fois, redonnerait l’initiative au président nord-américain, redorerait son blason de chef en déroute. 

Une attaque éclair, directe ou indirecte, contre le Venezuela, avec la capture des principaux dirigeants bolivariens, lui assurerait automatiquement les 28 votes du Collège électoral de la Floride, nécessaires à sa réélection.

Le «war room» républicain est prêt, dit-on? Octobre est le mois de toutes les surprises. Trump gagnera-t-il l'élection en novembre ? Y aura-t-il des élections en décembre au Venezuela? Le pire est à craindre en octobre.